Société
Stations mobiles de dessalement: un levier pour renforcer la sécurité hydrique dans les zones rurales et montagneuses
25/04/2026 - 11:03
Morad Karakhi
Au Maroc, la mise en œuvre d’un programme national portant sur l’acquisition de stations mobiles de dessalement de l’eau de mer et de traitement des eaux souterraines saumâtres se poursuit. L’objectif est de soutenir l’approvisionnement en eau potable dans plusieurs régions du Royaume, notamment en milieu rural.
Ce programme prévoit l’acquisition de 244 stations mobiles de dessalement, pour une capacité de production totale d’environ 1.563 litres par seconde. De quoi renforcer la mobilisation des ressources en eau et proposer des solutions rapides et flexibles face à la problématique de la rareté hydrique.
Selon les données communiquées par le ministère de l’Équipement et de l’Eau via sa plateforme « Maadialna », 124 stations mobiles de dessalement des eaux saumâtres et marines ont été acquises et livrées à fin mars dernier, pour une capacité de production d’environ 771 litres par seconde.
D’après la même source, l’installation de 77 stations mobiles a également été lancée, avec une capacité de production estimée à près de 514 litres par seconde. Cette démarche vise à renforcer l’approvisionnement en eau et à améliorer la continuité du service dans plusieurs zones soumises à une forte pression sur les ressources hydriques.
Les stations restantes devraient être mises en service dans les plus brefs délais, contribuant ainsi à consolider la sécurité hydrique et à améliorer l’accès des populations à l’eau potable, en particulier dans les régions où les ressources hydriques conventionnelles sont limitées.
Dans ce contexte, Hakim El Filali, expert en eau et environnement et professeur à la Faculté des lettres et des sciences humaines Aïn Chock, souligne que la situation des ressources en eau au Maroc est souvent abordée sous l’angle quantitatif, au détriment de la dimension qualitative. Une grande partie des ressources souterraines n’est en effet pas directement exploitable, notamment pour la consommation.
Dans une déclaration à SNRTnews, il explique que, pour rationaliser l’exploitation de ces ressources et les rendre potables, cette initiative reposant sur des stations mobiles de dessalement, en particulier pour les eaux souterraines dans les zones rurales et montagneuses, s’avère pertinente.
Il ajoute que cette mesure contribue à réduire le stress hydrique et participe, même de manière relative, à garantir une certaine équité territoriale dans la répartition des ressources en eau.
Selon lui, le développement de l’offre hydrique constitue une mesure stratégique pour faire face au stress hydrique. Cela passe non seulement par des stations mobiles de dessalement et de traitement, mais aussi par des unités côtières de dessalement de l’eau de mer, qui peuvent être renforcées par le développement du réseau des « autoroutes de l’eau », afin d’assurer une répartition équitable des ressources et de réduire les risques de stress hydrique à l’avenir.
Comment fonctionne le processus ?
Le dessalement de l’eau de mer et le traitement des eaux souterraines saumâtres via les stations mobiles commencent par une phase de pompage, durant laquelle l’eau est acheminée vers le système de traitement.
Vient ensuite l’étape de préfiltration, destinée à éliminer les impuretés et les grosses particules en suspension. L’eau passe ensuite par une filtration fine jusqu’à 5 micromètres, afin de retirer les particules les plus fines.
Elle est ensuite soumise à l’étape clé du procédé : l’osmose inverse (Reverse Osmosis - RO), qui permet d’obtenir une eau d’une très grande pureté.
Après cela, l’eau dessalée est enrichie en éléments minéraux essentiels pour répondre aux normes de qualité de l’eau potable en vigueur.
Enfin, la station produit une eau potable à 100 %, conforme aux normes nationales de qualité, qui est ensuite stockée dans des réservoirs en vue de sa distribution aux populations.
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