Société
Une énième secousse tellurique au large de Driouch
24/10/2021 - 09:00
SNRTnews
Une secousse tellurique de magnitude 4,1 degrés sur l'échelle de Richter a été enregistrée samedi soir au large de la province de Driouch, indique l’Institut national de géophysique (ING).
La secousse, dont l’épicentre est situé au large de la province, s’est produite à 20h 54min 01sec (GMT+1), précise dans un bulletin d’alerte sismique le Réseau national de surveillance et d’alerte sismique, relevant de l’ING.
Survenue à une profondeur de 25 km, la secousse s’est produite à une latitude de 35.517°N et une longitude de 3.620°W, selon la même source.
Répliques au séisme de 2016
Approché par SNRTnews, Nasser Jebbour, chef de division à l’ING, relevant du Centre national pour la recherche scientifique et technique (CNRST) affirme que ces secousses à répétition sont des répliques de la secousse principale survenue en 2016. "Ces secousses ressenties à Driouch en grand nombre depuis déjà un mois et demi sont en effet des répliques qui arrivent en retard par rapport au choc principal qui a eu le 25 janvier 2016, de magnitude 6,2 degrés sur l’échelle Richter".
Et de poursuivre que "le choc localisé dernièrement se situe dans une zone bien précise qui était en quelque sorte bloquée et qui n’arrivait pas à réagir au choc principal. Maintenant, après le déblocage on assiste à la libération des contraintes tectoniques c’est-à-dire le réajustement des contraintes après le choc principal".
Driouch, une zone à risque ?
De son côté, le professeur Ali Charroud, spécialiste en géodynamique souligne dans une déclaration à SNRTnews que la province de Driouch est située dans une zone à risque ce qui explique la production de cette série de séismes. "C’est une zone qui se situe à la limite des plaques tectoniques, les deux plaques à savoir la plaque africaine et la plaque européenne. Ces deux plaques continentales se rapprochent par quelques centimètres par an et c’est ce rapprochement qui provoque la réactivation des accidents majeurs autrement appelées, les failles majeures", précise notre interlocuteur.
Et d’ajouter : "Au niveau de la chaîne rifaine, il y a ce qu’on appel l’accident de Nekor, avec une direction du nord-est/sud-ouest et qui se prolonge jusqu’à la méditerrannée. Et de l’autre côté, au niveau de la chaîne kabyle, se situe l’accident qui passe par Alger, Boumerdès avec une direction nord-ouest/sud-est. Lorsque ces deux failles se rencontrent au niveau de la méditerrannée, elles dessinent en quelque sorte un triangle. Driouch, Nador et Al Hoceïma se situent au milieu de ce triangle qui constitue une zone à risque".
Ces petits séismes résultent de la libération du restant d’énergie accumulée due aux contraintes emmagasinées par les roches. Selon ces deux experts, d’autres secousses de faibles intensités seront observées au niveau de cette même région. "La zone va continuer de donner des manifestations sismiques jusqu'à ce qu’il y ait un nouvel équilibre. Donc une durée de 3 à 4 mois d’activité sismique sera observée sur cette zone offshore", précise Nasser Jebbour.
De son côté, le professeur Ali Charroud estime qu'"on ne peut pas prévoir quand est ce que l’énergie va se libérer". Ce dernier affirme par ailleurs que d’autres secousses se feront ressentir à Driouch puisqu'il s’agit d’une "zone de faiblesse".
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