Société
Une lueur d’espoir pour les couples infertiles
06/01/2021 - 14:34
Khaoula Benhaddou
Le ministère de la Santé a publié lundi 04 janvier, sur proposition de l’Agence Nationale de l’Assurance Maladie (ANAM), un arrêté ministériel portant l’intégration de quelques traitements concernant la fertilité dans le guide des médicaments remboursables. Selon les spécialistes, ce remboursement fera doubler le nombre des tentatives des fécondations in vitro (FIV) au Maroc.
Bonne nouvelle pour les couples qui souffrent d’infertilité. Dans un arrêté ministériel, publié ce lundi 04 janvier, le département de Khalid Ait Taleb a approuvé la requête de l’Agence nationale de l’assurance maladie (ANAM) d’intégrer quelques traitements concernant la fertilité dans le guide des médicaments remboursables par l’assurance maladie obligatoire (AMO). Une décision qui réjouit la communauté scientifique au même titre que les personnes directement concernées par cette affection. « C’est l’aboutissement et le résultat de plusieurs années de lutte pour faire bénéficier les couples infertiles du remboursement médical », commentent des médecins ainsi que des acteurs de la société civile.
Un bon dénouement
Très attendue, cette annonce est considérée par Omar Sefrioui, gynécologue et président de la société marocaine de médecine de reproduction et de médecine fœtale (SMMR) comme « un premier pas dans la prise en charge globale de la procréation médicalement assistée (PMA) ». Il s’agit, pour le médecin qui a longtemps milité pour rendre remboursables ces médicaments, d’une « excellente nouvelle pour les couples infertiles qui vont pouvoir multiplier leurs chances d’enfanter ». Pour lui, ce dénouement est le résultat de plusieurs années de « dur labeur ».
Et d’expliquer : « Nous luttons depuis des années pour venir en aide aux couples infertiles et faire reconnaître l’infertilité comme maladie. Je tiens à rappeler que le Maroc est le pays où il y a le moins de tentatives de fécondation, et on est très loin de nos voisins tunisiens et égyptiens. Le combat n’est pas encore gagné, certes 40% des frais vont être pris en charge, mais il reste encore beaucoup de choses à faire ».
Donner une lueur d’espoir
Au Maroc, 900.000 citoyens souffrent d’infertilité, soit un couple sur huit. 4.000 FIV sont pratiquées chaque année contre 60.000 en France. D’ailleurs, dans le pays de l’Hexagone, la sécurité spéciale prend en charge 4 tentatives de FIV. Le coût moyen est de 4100 euros, soit près de 45.000 dirhams.
La prise en charge des frais des médicaments permettra de doubler le nombre de FIV, précise Pr Sefrioui. Et de détailler : « concevoir un enfant coûte extrêmement cher au Maroc. Les traitements liés à l’infertilité peuvent dépasser les 45.000 dirhams ce qui freine la majorité des couples infertiles. La conjoncture actuelle a compliqué encore plus la situation puisque l’activité a baissé de 40 à 50%. Il faut savoir que nous ne répondons qu’à 10% des demandes vu que le Maroc n’a que 3 centres de procréations publics et 15 privés. J’espère qu’avec cette prise en charge nous réussirons à passer à 8.000 FIV au lieu de 4.000 ».
Cette avancée donnera une lueur d’espoir aux couples qui souffrent d’infertilité. Ceux-ci étaient souvent « découragés » car en plus des frais élevés du traitement « il faut au moins trois tentatives de FIV pour obtenir un bon taux de réussite », explique le spécialiste. « Si la moitié des frais est remboursée, on espère encourager les couples à passer à l’acte », conclut-il.