Economie
Viandes rouges: y a-t-il une baisse des prix et des importations?
05/03/2025 - 16:42
Morad Karakhi | Mohammed Fizazi
La décision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI concernant "l’abstention d’accomplir le rite du sacrifice de l’Aïd" cette année a eu un impact sur les prix de la viande ovine au Maroc, suscitant des interrogations sur l'effet de cette mesure sur le rythme des importations de bétail, adoptées par le Royaume pour pallier le déficit enregistré dans le cheptel national.
Le président de la Fédération marocaine des acteurs de la filière élevage, Mohamed Benjabli, a déclaré que les prix de la viande ont connu une baisse significative suite à la Décision Royale, notamment en ce qui concerne la viande ovine. Cette décision a également eu un impact sur l’importation du bétail et des viandes rouges.
Dans une déclaration à SNRTnews, M. Benjabli a expliqué que les prix de la viande ovine sur les marchés nationaux ont baissé d’environ 30 dirhams par kilogramme, passant ainsi de 120 dirhams à 90 dirhams le kilogramme.
Il a ajouté que les prix de la viande bovine ont également connu une baisse, mais dans une moindre mesure, avec une diminution comprise entre 5 et 10 dirhams par kilogramme, portant le prix moyen actuel entre 85 et 100 dirhams.
Il a souligné que cette décision a également influencé le rythme des importations de bétail et de viandes rouges, qui ont connu une dynamique accélérée ces derniers mois grâce aux mesures mises en place par le gouvernement pour encourager les importateurs. Ces mesures incluent la suspension des droits d’importation et l’exonération de la taxe sur la valeur ajoutée pour l’importation de viandes bovines, ovines, caprines et camelines, ainsi que des viandes rouges en général.
Il a affirmé qu’un certain nombre d’importateurs ont choisi d’attendre en reportant temporairement leurs importations, en raison des fluctuations actuelles des prix de la viande sur les marchés marocains. Cette situation est due à l’abondance des moutons abattus, les éleveurs ayant commencé à vendre les ovins initialement destinés à l’Aïd al-Adha, ainsi qu’à la hausse des prix dans les pays exportateurs.
De son côté, Amine Horma, secrétaire général de la Fédération marocaine des acteurs de la filière élevage, estime que "l'absence du rituel du sacrifice de l’Aïd cette année" n’aura pas d’impact majeur sur le processus d’importation, car la majorité du bétail importé est destiné à l’abattage tout au long de l’année et non exclusivement pour l’Aïd al-Adha.
M Horma a souligné dans sa déclaration à SNRTnews que la poursuite des importations parallèlement à l’absence du rituel du sacrifice de l’Aïd contribuerait à préserver le cheptel national, qui a été fortement affecté ces dernières années par la succession des années de sécheresse.
Ces informations avaient déjà été confirmées par Ahmed Bouari, ministre de l'Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, en février dernier. Il a en effet reconnu que le cheptel national avait diminué de 38 % par rapport à 2016, année du dernier recensement national du cheptel.
Le ministre a également indiqué que le nombre de têtes de bétail abattues est passé de 230.000 en temps normal à 150.000 actuellement. En revanche, il a noté qu’en ce début d’année 2025, le rythme des importations connu une hausse notable par rapport à l’année précédente, avec l’importation de 21.800 bovins, 124.000 ovins et 704 tonnes de viandes rouges jusqu’au 12 février 2025.
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