Sport
Walid Regragui :"L’entraîneur qui reste dans le passé va rapidement disparaître"
22/02/2025 - 16:02
Amine Oubaha
Dans une interview accordée à "Onze Mondial", Walid Regragui a exposé sa vision sur plusieurs sujets qui occupent une place centrale dans la vie d’un entraîneur.
Walid Regragui est le genre d’entraîneur qui utilise son sens analytique pour comprendre certains détails et pousse sa réflexion sur des aspects importants qui influencent le parcours d’un entraîneur.
Dans cette interview accordée à Onze Mondial, le sélectionneur national a discuté en détail de l’un des grands défis auxquels un coach est confronté : la gestion des égos.
"On fait aussi ce métier pour ça. C'est pour cela qu'on a cette énorme responsabilité. Gérer des égos, c’est de plus en plus difficile. Aujourd'hui, les meilleurs entraîneurs sont ceux qui savent le mieux gérer les égos. Qu’est-ce qu’un bon entraîneur ? C’est celui qui, d'abord, sait gérer un effectif, sait gérer les égos et surtout sur la durée. Parce que gérer tout cela sur une semaine, c’est faisable, gérer sur une compétition, ça peut le faire. Mais les gérer sur la durée, sur une saison ou sur deux saisons, ça devient de plus en plus compliqué", a-t-il détaillé.
Et d'ajouter: "Les joueurs, comme les téléphones, sont à l’image de la société. Voilà, sans citer de marque, ils passent du 13 au 14, du 14 au 15, et d’une application à une autre. C’est à nous de vite nous adapter. On doit passer de l’entraîneur peut-être 2.0 ou 3.0 à l’intelligence artificielle, mais c'est une réalité globale. Il faut évoluer. L’entraîneur qui reste dans le passé va rapidement disparaître".
Concernant les binationaux, l’entraîneur des Lions de l’Atlas estime que le fait d’avoir dans son effectif des joueurs ayant une double culture est une mission loin d’être facile.
"Le Maroc, on est vraiment une sélection spéciale. Les gens peuvent parler ou critiquer, mais la réalité, c’est que le Maroc est la sélection la plus difficile à gérer au monde. Moi, quand je coache, je coache des Marocains avant tout. C’est ce que je leur dis quand ils arrivent. Je fais toutes mes causeries d’abord en Darija (arabe dialectal, ndlr). Même si ma Darija n’est pas parfaite. Je fais ça pour qu’on ait un socle commun, et ensuite, par le biais des traductions ou autre, on fait passer les messages", a-t-il expliqué
Et d'ajouter :"Nous avons une double culture. Nous avons une diaspora qui est partout dans le monde, contrairement à d’autres pays. Nous, on a des Marocains issus d'Espagne, de France, de Belgique, des Pays-Bas, d’Allemagne, d'Italie. Et dans les catégories de jeunes, on commence même à avoir des Marocains venant d'Angleterre. Nous avons aussi des Sahraouis venant de Norvège. Et toute cette double culture, c'est une force, mais en même temps, chacun a sa culture propre".
À noter que les Lions de l’Atlas effectueront un stage de préparation au mois de mars.
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