Société
Younes Sekkouri: Le passage aux 8 heures de travail va renchérir le coût de la sécurité privée de 50%
30/04/2026 - 16:14
Malak Zougagh
Le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, a expliqué que l’ajustement de l’article 193 du Code du travail concerne une catégorie de salariés qui, en principe, devraient travailler 8 heures par jour, alors que dans les faits, certains en effectuent 12 heures.
Lors d'un point de presse ayant suivi le conseil de gouvernement, le ministre a souligné que cette réforme aura un impact budgétaire important sur les entreprises concernées. Jusqu’à présent, plusieurs sociétés fonctionnaient avec deux périodes: une première de 6h à 18h, puis une seconde de 18h à 6h du matin. Avec l’application de la nouvelle loi, elles devront désormais passer à trois shifts de 8 heures, ce qui entraînera une hausse d’environ 50 % du budget alloué.
Le ministre a précisé qu’un délai de 12 mois sera accordé aux acteurs concernés afin de faciliter cette transition, notamment pour les entreprises disposant déjà de contrats signés avant l’entrée en vigueur de la réforme.
Il a également indiqué que le gouvernement présentera prochainement ce texte au Parlement, avec une volonté d’accélérer les procédures législatives, afin de permettre sa publication dans le Bulletin officiel, après son adoption par les deux chambres du Parlement.
La réforme entrera en application immédiatement après son vote définitif et sa publication officielle.
Par ailleurs, Younes Sekkouri a révélé que le nombre d’agents de sécurité privée employés par des sociétés de sous-traitance, notamment dans les administrations publiques, les hôpitaux et les écoles, atteint près de 170.000 travailleurs dans le secteur public, auxquels s’ajoutent plusieurs milliers d’autres dans le privé.
Selon les premières estimations, le secteur de la sécurité privée compte entre 400.000 et 500 000 travailleurs dans le secteur formel, tandis que certaines centrales syndicales avancent un chiffre proche d’un million de personnes en incluant le secteur informel.
Cette réforme intervient dans un contexte de revendications répétées des agents de sécurité privée, qui dénoncent les longues heures de travail, le non-respect du salaire minimum et l’absence de déclaration à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS).
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