Art & Culture
Youssra au FIFM: Confidences, hommage à Adel Imam et charge contre les réseaux sociaux
01/12/2025 - 16:40
Abderrahim Smougni | Fahd MerrounHabituée à illuminer le Festival International du Film de Marrakech (FIFM), Youssra n’a pas seulement fait une apparition remarquée cette année. Invitée de la section "Conversations" lors de la 22e édition, la star égyptienne s’est livrée avec naturel, esprit et spontanéité, revenant sur plus d’un demi-siècle de carrière au cinéma, dans les drames télévisés et dans la chanson.
En cinquante ans de carrière, "passés comme cinquante minutes", confie-t-elle, Youssra a collaboré avec des maîtres du 7e art et de l’écriture comme Ali Badrakhan, Youssef Chahine, Cherif Arafa, Marwan Hamed, Magdy Abou Emeira et bien d’autres.
Première visite au Maroc
Youssra a raconté, ce lundi 1er décembre, ses premiers souvenirs marocains. Elle a découvert le Royaume grâce au réalisateur Ali Badrakhan, à l’occasion de la projection d’Al-Gou’ ("La Faim"), adapté d’un roman de Naguib Mahfouz, porté par la regrettée Souad Hosni et Mahmoud Abdel Aziz. Une rencontre décisive qui a scellé une relation fidèle avec le FIFM et son public.
Adel Imam… "Labas 3lih"
Sa collaboration avec Adel Imam a occupé une large part de l’échange. Ensemble, ils ont tourné 17 films. Youssra a tenu à rassurer les fans marocains du "Za’im" en lançant en darija : "Labas 3lih" (il va bien). Elle a décrit l’icône du cinéma arabe comme un acteur d’une intelligence rare dans le choix des sujets, capable de faire naître la comédie au cœur d’une scène tragique.
Pour Youssra, le succès d’Al‑Irhab wal Kabab "Le Terrorisme et le Kebab" tient à un trio d’exception : Adel Imam, Waheed Hamed et Cherif Arafa. Le film raconte l’histoire d’un citoyen ordinaire qui proteste pour reconquérir sa citoyenneté. Elle rappelle que ce long métrage s’inscrit dans une trilogie des années 1990 avec Al‑Mansi ("L’Oublié" et Touyour El Zalam "Oiseaux des Ténèbres", qui incarne le génie artistique et social de Waheed Hamed. À propos de Touyour El Zalam, Youssra estime que le film a anticipé de près de vingt ans des évolutions politiques en Égypte. La joute finale entre Adel Imam et Rabih El‑Khouly compterait, selon elle, parmi les dialogues les plus puissants écrits par Waheed Hamed.
Durant cet entretien d’une heure vingt, Youssra n’a pas ménagé les plateformes numériques, les qualifiant de "régression intellectuelle". Elle déplore des espaces où prolifèrent jugements hâtifs et vérités approximatives, devenus, selon elle, les pires ennemis des créateurs et des artistes, obsédés par le "trend" au détriment du sens et de la vérification.
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