Art & Culture
Adieu Mohamed Ismaïl !
21/03/2021 - 08:17
Imane Benichou
C’est malheureusement, une bien triste nouvelle qui est survenue dans la soirée de ce samedi 20 mars. Le cinéaste Mohamed Ismail est décédé à l’âge de 70 ans des suites d’une maladie.
"Jamais nous ne vous oublierons" ... "Séquence finale : au revoir Mohamed"… Les hommages de son entourage affluent ce soir sur les réseaux sociaux.
"Au revoir, mon cher frère, le créateur Mohamed Ismail, l’auteur de "Et après". Jamais nous ne vous oublierons. Mes sincères condoléances à votre petite et grande famille. Miséricorde et pardon du plus miséricordieux", a écrit ce samedi soir le réalisateur, scénariste et producteur Fouad Souiba, sur son profil Facebook.
Contacté par SNRTnews, Souiba affirme que "tout le monde ce soir est triste de voir partir cet homme généreux au cœur très grand". Même son de cloche et même tristesse chez Abdelilah Eljaouhari, réalisateur et scénariste marocain pour qui "le décès de Mohamed Ismail est une grande perte pour le cinéma marocain".
Un pilier du cinéma marocain
Pour Fouad Souiba, Mohamed Ismail était l’un des pionniers du monde de la réalisation et de la production cinématographique au Maroc. Du même avis, Abdelaif Eljaouhari, précise que le défunt était l'un des piliers de l'industrie cinématographique au Maroc depuis les années 70 jusqu’aujourd'hui.
Bien entendu, Ismail a profondément gravé son nom dans le marbre du cinéma marocain, alignant une filmographie à la fois très artistique et variée. Son premier film était "Aouchtam", qu'il a réalisé et produit, suivi d'une série de films, notamment "Et après…", "Adieu mères", "Ici et là", "Awlad labladd", "Allal al Kalda", "Amwajo el barr" et d'autres films.
L'artiste tétouanais a fait ses débuts en cinéma en tant que réalisateur au pôle public de la télévision nationale avant de créer sa propre structure à Casablanca et se lancer dans la réalisation de ses propres films. "Il a réalisé plusieurs longs métrages importants au vu de l’histoire du cinéma marocain. On peut citer "Et après" qui a reçu le grand prix du festival national de Oujda et puis "Adieux mères". On lui reconnaît toute une série de longs métrages avec de très grands acteurs marocains comme Hamidou Benmasaoud, Nezha Regragi, Mohamed Miftah, Rachid Elouali…. Il a aussi coproduit plusieurs films", raconte Souiba.
"Mohamed Ismail s'est lancé très tôt dans la production de nombreuses œuvres télévisées marocaines, avant de créer sa propre société et de produire une série de drames pour la télévision marocaine", rappelle Eljaouhari, ajoutant qu’il a également produit de nombreuses œuvres cinématographiques pour plusieurs réalisateurs marocains avant de passer à la réalisation.
"Malgré sa maladie, il est resté militant et combattant, puisqu'il a participé à la dernière édition du festival national de Tanger, qui s'est tenue l'année dernière en mars, avec son film "La Mora, l’amour au temps de guerre"", ajoute Eljaouhari.
Un Mentor
Personne ne peut le nier. De son vivant, le producteur et réalisateur Mohamed Ismail a soutenu plusieurs jeunes réalisateurs marocains qui n'en étaient qu'à leurs débuts. "Cet homme généreux au cœur très grand était une personne qui a tout le temps soutenu les jeunes et qui n’a jamais hésité à donner ses conseils ou à ouvrir son cœur. Il ouvrait sa propre structure de production à Casablanca à toutes les personnes qui venaient lui demander conseil", raconte Souiba.
"Il a produit pour beaucoup de jeunes. Personnellement, il m’a produit mon premier court-métrage "Dream boy" en 2003 et celui de Rachid Elouali, "nini ya moumou"", rapporte-t-il, précisant qu’il a eu l’honneur de tourner chez lui dans sa propre maison à Casablanca. Une expérience également partagée par Abdelilah Eljaouhary. "Personnellement, quand j'ai réalisé mon premier court métrage de fiction, il était à mes côtés et il m'a fourni la bande vierge que j'ai gratuitement utilisée pour mon film".
"Beaucoup d’amis m’ont raconté que Mohamed Ismail les a aidés dans leurs premiers pas. Que Dieu ait son âme en paix. Seul l’héritage cinématographique qu’il a légué peut nous consoler. Nos condoléances à sa petite famille et à sa grande famille cinématographique", déclare Eljaouhary. "Je profite de l’occasion pour présenter mes vives condoléances à sa petite famille, à ses enfants, à son frère Mourad qui est aussi producteur et puis à sa grande famille cinématographique », annonce aussi Souiba.
Articles en relations
Art & Culture
Art & Culture
Art & Culture