Economie
Africa Economic Symposium: Les transitions économiques au cœur de la 4e édition
13/07/2026 - 23:49
Malak Zougagh | Hamza BAMMOUPlus de 200 économistes, responsables publics et universitaires issus de 40 nationalités prennent part à la quatrième édition de l'Africa Economic Symposium (AES), organisée par le Policy Center for the New South (PCNS).
Placée sous le thème "Turning Transitions into Growth" "Transformer les transitions en croissance", cette édition est marquée par la présentation de la septième édition du rapport annuel du PCNS sur l'économie africaine, consacré cette année à l'économie politique des ressources naturelles dans un contexte mondial en mutation.
À l'ouverture des travaux, le président exécutif du Policy Center for the New South, Karim El Aynaoui, a souligné que les économies africaines évoluent dans un contexte marqué par des marges budgétaires plus limitées, des pressions sur les politiques monétaires et des attentes croissantes en matière de croissance, d'emploi et de services publics. Il a insisté sur le rôle des centres de recherche dans l'élaboration de politiques publiques fondées sur les données.
Les discussions ont ensuite porté sur les défis de l'intégration économique du continent. Les intervenants ont notamment mis en avant les effets de la fragmentation des marchés africains, illustrée par l'existence de 42 monnaies différentes qui augmentent les coûts du commerce intra-africain.
Dans ce contexte, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), ratifiée par 50 pays, est présentée comme un levier pour renforcer le marché africain. Selon les chiffres présentés, le commerce intra-africain a atteint 220 milliards de dollars en 2024, en hausse de 12,4 % sur un an.
La présentation du rapport annuel a également mis l'accent sur les ressources naturelles. Les intervenants ont rappelé que l'Afrique détient une part importante des réserves mondiales de minerais stratégiques, notamment plus de 70 % de la production mondiale de cobalt et près de 68 % des réserves mondiales de phosphate, concentrées au Maroc.
Malgré ces ressources, près de 90 % des matières premières africaines sont encore exportées à l'état brut, limitant la création de valeur sur le continent.
Les échanges ont souligné que les transitions énergétiques et numériques offrent une nouvelle opportunité à l'Afrique, à condition de développer davantage la transformation locale, les chaînes de valeur régionales et les capacités industrielles.
Les intervenants ont également estimé que la notion de "malédiction des ressources naturelles" pouvait être relativisée, certains pays étant parvenus à réduire leur exposition aux chocs extérieurs grâce à une meilleure gouvernance et à une diversification de leurs économies.
Autre sujet abordé, l'exploitation artisanale de l'or, caractérisée par une forte informalité et des défis de gouvernance. Les discussions ont mis en avant les tensions liées à l'accès aux terres, aux conflits d'usage avec l'agriculture et le pastoralisme, ainsi qu'à la présence de réseaux de contrebande et de groupes armés dans certaines zones minières.
Les intervenants ont appelé à renforcer les cadres réglementaires et la gouvernance territoriale afin de mieux valoriser cette ressource.
Au-delà des ressources naturelles, cette quatrième édition de l'Africa Economic Symposium prévoit également des débats consacrés aux politiques macroéconomiques, au financement du développement, à la transition numérique ainsi qu'aux retombées économiques de la Coupe du monde 2030 que le Maroc coorganisera avec l'Espagne et le Portugal.
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