Politique
Akhannouch: "l'état de doute" persiste quant à la situation économique
18/04/2022 - 12:50
Lina IbrizL’économie marocaine a pu faire preuve de grande résilience et d’une reprise rapide. Aujourd’hui, les incertitudes liées aux instabilités géopolitiques, aux disruptions des chaînes de production et de distribution mondiales ainsi qu’aux impacts négatifs de la crise pandémique pèsent sur les prévisions de croissance.
Des mois de sécheresse et une crise géopolitique ainsi que la poursuite des impacts négatifs de la pandémie ont fait que les prévisions sur lesquelles s'est basée la Loi de Finances 2022 sont tombées à l'eau. Aujourd'hui, alors que ces prévisions sont revues à la baisse, c'est l'incertitude qui règne, comme l'a confirmé le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, lors de la séance plénière mensuelle des questions de politiques générales tenue ce lundi 18 avril 2022 à la Chambre des Représentants.
Le taux de croissance au Maroc devrait se situer entre 1,5% et 1,7% en 2022, alors que le PIB non agricole devrait enregistrer une croissance de 3,1%, a-t-il indiqué. Les prévisions de croissances, fixées à 3,2% par la Loi de Finance 2022, ont ainsi été revues à la baisse, alors que la valeur ajoutée du secteur agricole devrait enregistrer une régression de 11% par rapport à 2021. Un impact direct et attendu du manque pluviométrique qui a marqué cette année.
La performance du secteur agricole cette année tirera certes vers le bas le taux de croissance, admet Akhannouch, mais la bonne production des cultures printanières et estivales devrait garantir l’approvisionnement de façon "régulière" et "suffisante" des marchés national et international.
La croissance de l’économie marocaine serait principalement portée par la performance du secteur industriel, s’avère-t-il. Selon le Chef du gouvernement, les activités industrielles ont connu une évolution positive à fin février 2022, chose qui permettrait au PIB non agricole de "préserver son dynamisme".
Alors que les investissements poursuivent leur croissance, selon Akhannouch qui se réfère à l’évolution des importations des biens de l’équipement et des demi-produits de 18,5% et 52% respectivement à fin février, les exportations industrielles ont connu à leur tour un dynamisme positif.
Les exportations du phosphate et dérivés ont particulièrement connu une accélération, évoluant de 96% à fin février 2022 par rapport à la même période de l’année précédente. Les exportations de l’aéronautique ont à leur tour enregistré une évolution de 53%, celles des produits électriques et électroniques de 23%, du textile de 26%, de l’agroalimentaire de 13,8% et de l’automobile de 4%, a fait valoir Akhannouch.
Tout de même, les données et prévisions relatives à la croissance sont à prendre avec "méfiance", alors qu’un "état de doute" persiste et que "l’espoir est tributaire de la sortie (de l’économie mondiale) de cette impasse", a indiqué, enfin le Chef du gouvernement.
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