Art & Culture
"Akher Klam", un drame engagé
25/02/2021 - 14:27
Khaoula Benhaddou
La question de l'héritage est au coeur du dernier film du réalisateur Ahd Bensouda, Akher Klam (Dernières paroles), dont le tournage vient de s'achever.
Le tournage du film "Akher Klam" (Dernières paroles) de Ahd Bensouda vient de prendre fin. Après un long travail, le réalisateur peut enfin respirer. «Le tournage qui a eu lieu à Harhoura, s’est passé dans des conditions très difficiles. Il y avait un respect extrême des gestes barrières et j’avais peur que l’un de mes acteurs ou mes techniciens soit touché par le coronavirus», confie le metteur en scène qui entame avec ce film, un nouveau chapitre de sa carrière. Cette fiction réunit une pliéade d’artistes, notamment Naima Ilyass, Hicham El Ouali, Ibtissam Laaroussi et Bouchra Ahrich. Comme à son accoutumée, Ahd Bensouda choisit un sujet qui fâche les familles et sépare les proches. Après le harcèlement, la garde des enfants et la violence à l’égard des femmes, le réalisateur s'attaque à l'héritage, mais à travers un ongle à la fois osé et engagé.
Akhir Klam est un drame social qui raconte l’histoire d’une femme qui a longtemps travaillé avec son défunt mari dans la fonction publique. Après des années de dur labeur, le couple se construit une maison, une demeure, un lieu plein de souvenirs. Après la mort du conjoint, et en l’absence d’un héritier garçon, la veuve (Naima Ilyass) sera confrontée à une dure réalité qui, selon la législation au Maroc, l’empêchera d’assurer une vie décente à sa fille unique. «Avec ce film, je désire ouvrir le débat autour de l'héritage. Nous avons besoin d’une vraie réforme. Certes, les textes existent, mais ce ne sont pas des textes adaptés à cette nouvelle génération», révèle le cinéaste.
Le cri d'un cinéaste
À part les conditions difficiles du tournage lié au coronavirus, le réalisateur soulève un autre problème encore plus sérieux : «le coronavirus est venu affaiblir un secteur de cinéma déjà agonisant. J’ai voulu reprendre l’activité juste pour aider certains artistes qui souffrent financièrement. La situation des artistes est alarmante» car, dit-il, «nous n’avons pas d’industrie cinématographique puissante. Le cinéma n’est pas une priorité pour le gouvernement».
Le réalisateur revient sur la fermeture des salles de cinéma, l’absence du public et les moyens réduits dont dispose le secteur. Artiste engagé, Bensouda appelle à ouvrir un réel débat sur l’industrie du 7e Art. «Plusieurs réalisateurs attendent l’aide de l’état. Nous avons besoin d’une vraie stratégie faite par des vraies professionnels pour sauver le cinéma marocain», déplore-t-il.
Ahd Bensouda a à son actif plusieurs films comme «Hadana», «Derrière les portes fermées», «Mawssim lmchawcha», «Le cadeau du baptême» ou encore «Le prix de l’inconscience». Certaines de ses œuvres ont déjà raflé des prix nationaux et internationaux. Son long métrage «A la recherche du pouvoir perdu» a gagné le grand prix Oliver d’or en 2017, et le prix Averroes en 2018. «Derrière les portes fermes» a, lui, obtenu le prix spécial Jury Golden Remi Awards aux USA et le Golden Khinjar Award à Oman.
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