IA
Algorithmes, engagement et polarisation: L’impact des plateformes sur l’opinion
19/12/2025 - 19:05
Meriem Khaer
La puissance des réseaux sociaux réside dans leur capacité à façonner ce que les utilisateurs voient, pensent et ressentent au quotidien. En quelques années, ces plateformes ont profondément transformé la circulation de l’information: toute personne munie d’un smartphone et d’une connexion peut toucher des millions d’individus par le partage de contenus, créant une concurrence réelle pour les médias et les institutions.
Ces plateformes ont transformé la circulation de l’information, aujourd’hui toute personne avec un smartphone et une connexion, peut toucher des millions de personnes, à travers le partage de plusieurs informations ce qui présente une concurrence réelle pour médias et institutions.
Non seulement les réseaux sociaux mais aussi les outils de l’intelligence artificielle ont facilité la diffusion de rumeurs et de fake news, comme il est le cas de cette vidéo qui montre des informations non-officielles qui évoquent un fake coup d’Etat militaire en France. Cette fausse information, et ces images plus ou moins réalistes, ont crée une forte inquiétude chez les citoyens.
Le président de kla plateforme "AI in Africa", Mustapha Zaouini, a souligné, dans une déclaration à SNRTnews, que sans aucun doute, et pas uniquement chez les jeunes, les réseaux sociaux touchent aujourd’hui toutes les générations, partout et à tout moment. Ils ne se contentent plus d’informer: ils orientent ce que chacun voit, notamment à travers des contenus visuels courts et très engageants, en fonction des émotions, des croyances et des comportements des utilisateurs. Ces contenus peuvent désormais être automatisés et amplifiés à grande échelle, ce qui peut accentuer parfois la polarisation du débat public.
M. Zaouini a expliqué que les algorithmes privilégient avant tout l’engagement avec des clics, des partages et des réactions, car c’est ce qui détermine le temps passé sur les plateformes. Les contenus polarisants ou sensationnels, souvent faux, génèrent généralement plus d’interactions qu’une information neutre et vérifiée. Ce mécanisme n’est pas toujours intentionnel, mais il est avant tout structurel et directement lié aux modèles économiques des plateformes.
Mustapha Zaouini affirme que dans l’espace numérique, l’enjeu est de préserver la liberté d’expression tout en tenant compte des risques liés à la désinformation massive, à la manipulation de l’opinion ou aux contenus incitant à la haine ou à la violence. "Il s’agit de trouver un équilibre responsable entre l’expression individuelle et la protection de l’intérêt général et de la cohésion sociale", explique-t-il.
Il affirme que ce ne sont pas les réseaux sociaux qui menacent la crédibilité de l’information, mais la propagation de contenus faux ou non vérifiés. Lorsque des informations fiables, des opinions personnelles et des fake news sont mises sur le même plan, sans hiérarchisation claire, la distinction entre faits et interprétations devient floue. Cela affaiblit progressivement la confiance du public dans l’information.
Plusieurs études internationales montrent d’ailleurs que cette confiance est en recul, notamment chez les jeunes, en raison de la difficulté croissante à identifier des sources fiables. La réponse passe par une combinaison de compétences humaines et de solutions technologiques, ainsi que par une éducation renforcée aux médias et à l’intelligence artificielle.
La diffusion d'une vidéo générée par l’intelligence artificielle annonçant un fake coup d’Etat militaire en France a récemment fait le buzz sur les réseaux sociaux. Face à l’ampleur d cette désinformation, le président français Emmanuel Macron a demandé à la plateforme concernée de retirer le contenu. Une demande rejetée par Meta, au motif qu’elle ne contrevenait pas à ses règles d’utilisation. Cette situation soulève une question centrale: Comment protéger efficacement les utilisateurs des réseaux sociaux face aux deepfakes et aux contenus générés par l’intelligence artificielle ?
Mustapha Zaouini affirme que les utilisateurs ne sont pas encore suffisamment protégés face à la désinformation en ligne, qu’elle provienne d’humains ou de contenus générés par l’intelligence artificielle. Malgré l’existence d’outils de modération, de signalement et de détection automatisée, ces mécanismes restent inégaux selon les plateformes et souvent dépassés par la rapidité et l’ampleur de diffusion des fake news.
"Combien de fois, cette semaine encore, nous sommes-nous demandé si une image, une vidéo ou un message était réel ou généré par l’IA ?", pose-t-il la question. Cette question, devenue quotidienne, illustre l’urgence d’agir.
La réponse passe par une approche globale: une responsabilité accrue des plateformes, des solutions technologiques de transparence et d’authenticité, et un renforcement de l’esprit critique et des compétences numériques, en particulier chez les jeunes. À l’ère de l’IA générative, la question n’est plus seulement "qui parle?", mais "d’où vient ce contenu et peut-on lui faire confiance ?"
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