Société
Alzheimer: "Faire échec à l’oubli", sensibiliser autrement
26/09/2024 - 21:11
Khaoula Benhaddou"Faire échec à l’oubli" tel est le thème de la matinée de sensibilisation organisée, ce jeudi 26 septembre par la Maison Solidarité Alzheimer en collaboration avec les laboratoires Sun Pharma avec le partenariat de la Fédération Royale Marocaine des jeux d’Échecs. Cet événement a pour but d’échanger autour des défis et solutions concernant la maladie d’Alzheimer et de sensibiliser le public à la maladie d’Alzheimer à travers une activité cognitive, en l’occurrence les échecs.
Il est 10h à la Maison Solidarité Alzheimer. Nichée au cœur de Ben M’sik à Casablanca, cette maison accueille les patients atteints d’Alzheimer et leurs proches et leur offre soutien et accompagnement psychologique.
Ce jeudi 26 septembre, l’association a organisé à l’occasion de la journée mondiale de l’Alzheimer une matinée de sensibilisation en collaboration avec les laboratoires Sun Pharma avec le partenariat de la Fédération Royale Marocaine des jeux d’Échecs.
Marquée par la présence du Gouverneur de la préfecture de Ben Msik, de responsables, de médecins, de bénévoles et des familles des patients, cette matinée a été une occasion pour présenter le rôle de la Maison Solidarité Alzheimer crée en 2022.
Cette association à but non lucratif a pour but d’accompagner, de soulager et d’informer les malades et leurs familles. A côté du volet médicamenteux, l’association organise des ateliers pour les patients mais aussi pour les aidants qui souffrent de la lourdeur de la maladie; "ma mère est atteinte depuis des années de l’Alzheimer. Nous avons longtemps souffert de la lourdeur de la maladie, de ses complications mais aussi du regard de la société. Une personne atteinte d’Alzheimer est d’apparence normale, mais elle souffre de la destruction de ses facultés cognitives. Petit à petit, elle oublie la sensation de la faim, elle oublie de faire ses besoins et ne fait plus la différence entre le jour et la nuit", explique "Khadija", fille d’une personne atteinte de l’Alzheimer et aidante à l’association.
Et d'ajouter "durant les premières années, je ne savais pas comment me comporter avec ma mère, j’avais peur de la gronder, de lui corriger ses erreurs ou même de la faire taire. Comme elle oublie si elle a mangé ou pas, elle n’arrête pas de le demander mais je ne dois pas obéir. Nos proches pensent que je prive ma mère de la nourriture parce qu’elle la demande tout le temps, mais ce n’est pas vrai. Des fois, j’ai peur d’être une mauvaise fille et c’est grâce à l’association que j’ai appris à me comporter avec elle et surtout à corriger les idées reçues sur cette maladie".
Consciente du rôle important des aidants, la Maison solidarité Alzheimer leur offre des formations, des séances d’écoute et des thérapies; "Nous sacrifions nos vies pour prendre en charge un proche atteint d’Alzheimer. Souvent les aidants souffrent à long terme de dépression, mais ne l’expriment pas. Nous sommes fatiguées de rappeler le patient son nom, de lui rappeler à faire sa toilette et à le surveiller pour éviter qu'il s'évade. Nous devons également supporter leur caractère agressif et leur violence, mais en même temps, on ne peut pas les abandonner. Pour cela, l’association nous organise des groupes de paroles pour nous permettre d’échanger, de s’exprimer et d’apprendre à gérer le quotidien du malade. Ce n’est pas tout, l’association a également formé des assistantes qui peuvent nous remplacer en cas de besoin pour l’accompagnement du patient".
Pourquoi les jeux d’échecs?
A côté des séances d’écoute et des ateliers d’art-thérapie et d’accompagnement psychologique, l’association a mis en place des parties d’échecs; "les jeux d’échecs permettent de se concentrer, à stimuler les fonctions cognitives et à éloigner la démence", explique Bouchra Kadiri, Présidente de la Fédération Royale des Jeux d’échecs.
Pour prévenir la démence, les spécialistes préconisent d'adopter un mode de vie sain, à pratiquer du sport et à opter pour des activités de lectures, de jeux collectifs et des parties d'échec. Ces activités réduisent considérablement le risque d'atteinte d'Alzeimer.
Quid du financement?
Pour subvenir aux demandes croissantes des patients, l’association fait appel aux donations; "La majorité des personnes qui travaillent dans cette association sont des bénévoles, sauf les personnes qui travaillent à plein temps. Nous sommes aussi en demande d’aide du privé et du public", explique Abdelaziz Kabbaj, Président de l’association.
Et d’ajouter "La préfecture de Ben Msik et le Gouverneur nous ont beaucoup aidés depuis le lancement. Nous avons un partenariat avec l’INDH et avec l’Université Internationale de médecine de Casablanca. Nous avons également des partenariats annuels pour financer toutes nos actions, mais nous somme ouverts à d’autres partenariats. Depuis notre création, nous avons reçu des patients de Ben'Msik et du Grand Casablanca. Aujourd’hui, nous recevons des patients de tout le Maroc et comme nous n’avons pas les moyens pour répondre à cette forte demande, nous sommes ouverts aux donations".
Pour rappel, plus de 200.000 personnes au Maroc sont atteintes de la maladie d’Alzheimer qui est considérée comme la forme de démence la plus répandue dans le monde. Ce chiffre devrait atteindre les 78 millions en 2030 et 139 millions en 2050.
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