Economie
Banque mondiale : le Maroc maintiendrait une croissance supérieure à 4 % malgré les turbulences mondiales
12/06/2026 - 12:28
Khaoula Benhaddou
Le Maroc devrait continuer d'afficher une croissance soutenue au cours des prochaines années malgré un environnement international marqué par de fortes incertitudes. C'est ce qui ressort de la dernière édition du rapport Global Economic Prospects publiée par la Banque mondiale, qui prévoit une progression du produit intérieur brut (PIB) de 4,2 % en 2026, après une croissance estimée à 4,7 % en 2025.
Selon l'institution de Bretton Woods, l'économie marocaine poursuivrait ainsi sa dynamique après avoir enregistré une croissance de 3,8 % en 2024. À moyen terme, la trajectoire resterait favorable avec des taux de croissance attendus de 4,0 % en 2027 puis de 4,3 % en 2028, illustrant la résilience de l'économie nationale face aux chocs extérieurs.
Les engrais, un atout pour le Royaume
La Banque mondiale estime que le Maroc dispose d'un levier important dans le contexte actuel: la hausse des prix des engrais sur les marchés internationaux. En tant que premier exportateur mondial de phosphates, matière première essentielle à la fabrication des engrais, le Royaume devrait bénéficier d'une augmentation de ses recettes d'exportation, susceptible de compenser en partie la détérioration de sa balance courante.
L'institution cite d'ailleurs le Maroc et la Jordanie parmi les rares économies de la région susceptibles de tirer profit de cette évolution favorable du marché des engrais.
Une dynamique solide en 2025
Les données trimestrielles confirment la bonne tenue de l'activité économique marocaine en 2025. Après une croissance de 4,2 % au quatrième trimestre 2024, le PIB a progressé de 4,8 % au premier trimestre 2025 puis de 5,5 % au deuxième trimestre, avant de ralentir à 4,0 % et 4,1 % respectivement aux troisième et quatrième trimestres.
Pour le premier trimestre 2026, la Banque mondiale avance une estimation préliminaire de 5 %, un niveau qui traduit la poursuite d'une dynamique économique robuste.
Des perspectives favorables malgré quelques révisions
Le Maroc figure parmi les économies importatrices d'hydrocarbures de la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan. Pour cet ensemble, la Banque mondiale prévoit une croissance de 3,7 % en 2026, avant une accélération à 3,9 % en moyenne sur la période 2027-2028, soutenue par la détente attendue des prix de l'énergie, la reprise du tourisme et du commerce ainsi que le redressement des transferts financiers.
Si l'institution a légèrement revu à la baisse ses projections pour le Maroc — de 0,2 point pour 2026 et de 0,4 point pour 2027 — elle demeure globalement optimiste quant aux perspectives du Royaume. Avec une croissance supérieure à 4 % sur l'ensemble de l'horizon de prévision, le Maroc continuerait d'évoluer à un rythme supérieur à celui de nombreuses économies de la région.
La Banque mondiale estime que l'amélioration progressive de l'environnement extérieur, l'apaisement des tensions sur les marchés énergétiques et la poursuite des investissements devraient soutenir cette trajectoire au cours des prochaines années.
Investissement, emploi et intelligence artificielle
Au-delà des prévisions conjoncturelles, le rapport insiste sur la nécessité de transformer cette croissance en créations d'emplois durables. Pour y parvenir, la Banque mondiale recommande d'accroître les investissements dans le capital physique, humain et numérique, tout en renforçant les politiques favorisant la productivité.
L'institution souligne également le potentiel de l'intelligence artificielle, dont l'adoption à grande échelle pourrait constituer un levier important pour améliorer la compétitivité des économies émergentes et stimuler la croissance de la productivité.
Le rapport met par ailleurs l'accent sur l'importance de cadres budgétaires rigoureux et d'une gestion efficace des fonds souverains afin de préserver la flexibilité des finances publiques face aux fluctuations des prix des matières premières.
Plus largement, la Banque mondiale estime que le défi de l'emploi dans les économies émergentes et en développement passe par un environnement des affaires plus favorable, capable d'attirer davantage d'investissements privés et de soutenir une croissance plus inclusive.
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