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CAN 2025: le Maroc n’a pas soulevé le trophée… mais il a porté tout un continent
19/01/2026 - 13:00
Matar Bensalmia
Certaines finales se jouent sur des petits détails et parfois, un penalty décide du vainqueur. Tandis que d’autres se gagnent dans l’histoire. La Coupe d’Afrique des Nations (CAN Maroc 2025), appartient sans doute à la seconde catégorie.
Si le sacre continental s’est encore refusé aux Lions de l’Atlas, frôlé au bout d’une finale cruelle, le Royaume est ressorti vainqueur sur tous les autres tableaux. Organisation, image, football, infrastructures ou encore ferveur populaire. Cette CAN a en effet changé d’échelle et redéfini les standards africains.
Un mois durant, le Maroc s’est mué en capitale du football continental, orchestrant une compétition d’une ampleur rarement, voire jamais atteinte. Neuf stades de dernière génération, de Rabat à Tanger, ont accueilli les rencontres, offrant des pelouses irréprochables malgré des intempéries parfois diluviennes. Le recours à des technologies comme le système “SubAir”, capable d’évacuer l’eau en profondeur, a permis d’assurer la continuité du jeu là où d’autres hôtes auraient manqué le coup. Rien n’a été laissé au hasard.
Plus encore, autour des terrains la machine logistique a tourné à plein régime. Déplacements fluides grâce à des trains spécialement mobilisés, hébergement haut de gamme pour les délégations, sécurité maîtrisée.
La CAF a qualifié cette édition marocaine comme la plus florissante jamais organisée sur le continent, marquant un tournant dans l’histoire du football africain. La dynamique commerciale enclenchée autour de la compétition a permis à la Confédération d’enregistrer une hausse de plus de 90% de ses revenus liés à la CAN 2025, confirmant l’attractivité grandissante du tournoi et sa capacité à rivaliser, en termes de valeur, avec les plus grands rendez-vous sportifs internationaux.
Quelques critiques ont bien émergé, notamment par rapport à la billetterie, mais elles sont restées marginales face à la solidité de l’ensemble et l’organisation a été saluée jusqu’au sommet du football mondial.
Fasciné par cette organisation grandiose, le président de la FIFA, Gianni Infantino a qualifié la CAN 2025 de “tournoi fantastique et le Maroc d’hôte exceptionnel”. Il a également tenu à souligner le soutien constant de Sa Majesté le Roi Mohammed VI au football, ainsi que le rôle central de Fouzi Lekjaa dans la réussite de l’événement. Même admiration du côté des joueurs. Mohamed Salah, habitué aux plus grandes compétitions internationales, a parlé d’un niveau d’ordre et de sécurité jamais atteint en Afrique. Et les témoignages sont innombrables…
Sur la pelouse, cette Coupe d’Afriqe a aussi servi de vitrine à une génération de talents qui a captivé le continent. Brahim Díaz a porté le Maroc offensivement tout au long du tournoi. Buteur décisif à chaque étape, leader assumé, il a terminé meilleur réalisateur de la compétition, malgré un penalty manqué en finale qui symbolise à lui seul la cruauté du football. Son tournoi restera comme celui de la confirmation.
Mais la révélation est venue du cœur du jeu. À 24 ans, Neil El Aynaoui s’est imposé comme l’un des visages forts de cette CAN. Milieu infatigable, d’une maturité rare, il a enchaîné les performances de haut niveau, au point d’être désigné meilleur milieu de terrain et révélation du tournoi par la presse italienne. Homme du match contre le Mali, premier tireur lors de la séance victorieuse face au Nigeria après 120 minutes d’un combat éreintant, infranchissable contre le Cameroun, il a incarné le mental et la rigueur des légendes du ballon rond. Ses statistiques parlent pour lui, mais c’est surtout son influence pourtant restée dans l’ombre qui a marqué les esprits, au point de convaincre Walid Regragui et de faire l’unanimité dans son club.
Cette édition a raconté une Afrique vivante, autonome, créative et fière. Dans les tribunes, une silhouette immobile est devenue virale. Il s’agit de Michel Kuka Mboladinga, alias “Lumumba”. En hommage au héros congolais, il s’est transformé en mascotte officieuse du tournoi, éclipsant parfois l’emblème officiel. Sa présence, ses gestes figés, son aura symbolique ont donné aux stades une dimension culturelle et panafricaine rare. Le supporter congolais a également salué “l’accueil réservé aux fans de la RDC par le public marocain”. Soulignant “la convivialité, le respect et la chaleur humaine rencontrés dans les villes hôtes”.
Les chiffres confirment l’empreinte laissée par cette CAN. Plus de 1,1 million de spectateurs cumulés avant même les demi-finales, des stades pleins, 121 buts inscrits, une ferveur constante. Dans les rues, l’hospitalité marocaine a fait le reste. Taxis, commerçants, bénévoles, supporters… Le pays a offert une image chaleureuse, festive et organisée, renforçant son soft power bien au-delà du football.
Plus qu’une fin en soi, la CAN 2025 a surtout promis un Maroc prêt pour les plus grands rendez-vous. Cette compétition faisait office de répétition générale avant la Coupe du monde 2030, coorganisée avec l’Espagne et le Portugal, et avant le Mondial des clubs 2029. Le test est passé…et avec mention.
Le Maroc n’a peut-être pas ajouté une deuxième étoile à son maillot, mais son étoile a brillé aux yeux des observateurs du monde entier. Il a su confirmer sa capacité d’organiser, de rassembler et de projeter l’Afrique vers l’avenir. Ce genre de victoires vaut parfois tous les trophées…
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