Technologie
YouTube, TikTok et Substack renforcent leurs garde-fous contre les contenus IA de faible qualité
22/07/2026 - 23:47
Malak Zougagh
Face à la multiplication des contenus produits à l’aide de l’intelligence artificielle, plusieurs grandes plateformes numériques renforcent leurs règles afin de préserver la qualité des publications et de mieux encadrer les contenus pouvant être monétisés. YouTube a récemment clarifié ses critères de monétisation, tandis que TikTok poursuit le déploiement de nouveaux outils de détection et d’identification des contenus générés par l’IA.
Cette évolution intervient alors que les entreprises du numérique cherchent à concilier le développement de l’intelligence artificielle avec la lutte contre les contenus répétitifs ou de faible qualité. Les plateformes, qui ont longtemps multiplié les dispositifs pour attirer les créateurs, ajustent désormais leurs politiques afin de mieux distinguer les contenus originaux de ceux produits massivement par l'IA.
À compter du 16 juillet 2026, YouTube clarifie ses règles destinées aux membres du YouTube Partner Program (YPP), le programme qui permet aux créateurs de percevoir des revenus publicitaires. Selon la plateforme, l'objectif n'est pas de sanctionner l'utilisation de l'intelligence artificielle, mais de privilégier les contenus qui apportent une réelle valeur ajoutée et une narration originale.
Le 20 juillet, l'équipe chargée de la confiance et de la sécurité de YouTube a indiqué vouloir récompenser les créateurs qui utilisent l'IA comme un outil d'enrichissement de leurs productions plutôt que ceux qui publient des contenus génériques ou recourent à des personnages entièrement générés par l'intelligence artificielle pour contourner les règles de la plateforme.
Interrogé par Business Insider, un porte-parole de YouTube a précisé qu'il ne s'agissait pas d'une nouvelle politique, mais d'une clarification de la directive existante sur les contenus jugés inauthentiques. Cette précision vise notamment à réduire les ambiguïtés rencontrées par certains créateurs dont les vidéos avaient été démonétisées en raison de leur caractère répétitif ou peu travaillé.
Dans ce cadre, YouTube cible principalement trois catégories de contenus.
La première concerne les vidéos génériques ou répétitives, produites à partir de modèles réutilisés ou facilement générées grâce à l'IA ou à des effets numériques. Même certains tutoriels peuvent être concernés lorsqu'ils reproduisent simplement des contenus déjà largement présents sur la plateforme.
La deuxième catégorie vise les vidéos conçues pour susciter de fortes réactions émotionnelles dans le seul objectif d'obtenir davantage de vues. YouTube cite notamment les contenus montrant des animaux en détresse avant leur sauvetage. Une chaîne spécialisée dans ce type de vidéos peut être exclue du programme de monétisation, indépendamment du recours ou non à l'intelligence artificielle.
Enfin, la plateforme cible les personnages virtuels créés par IA qui abordent des sujets sensibles tels que la santé, la médecine, la finance ou les questions juridiques. Ces contenus feront l'objet d'une vigilance particulière dans le cadre des nouvelles règles.
De son côté, TikTok poursuit le développement de ses outils d'intelligence artificielle, notamment à travers sa maison mère ByteDance et son éditeur vidéo CapCut. Les créateurs utilisant TikTok Shop recourent de plus en plus à ces technologies pour promouvoir leurs produits.
Parallèlement, la plateforme renforce les mécanismes de contrôle. Les créateurs doivent identifier les contenus générés par l'intelligence artificielle, tandis que TikTok ajoute un filigrane invisible dans les métadonnées de certaines vidéos afin d'en signaler l'origine artificielle.
La plateforme de newsletters Substack adopte, elle aussi, de nouvelles mesures pour mieux identifier les contenus générés par l'intelligence artificielle. Le 21 juillet, elle a annoncé un partenariat avec Pangram, un outil spécialisé dans la détection de contenus produits par l'IA.
Concrètement, les lecteurs peuvent désormais analyser une publication afin d'obtenir une estimation du niveau de recours à l'intelligence artificielle dans sa rédaction. En parallèle, les auteurs ont la possibilité d'ajouter une note expliquant comment l'IA a été utilisée, par exemple pour la relecture d'un texte avec un assistant comme Claude, ou au contraire de préciser qu'aucun outil d'IA n'a été employé.
Les créateurs restent toutefois libres de désactiver cette fonctionnalité. Ils peuvent empêcher l'analyse automatisée de leurs publications en modifiant les paramètres de leur compte. Dans ce cas, les lecteurs ne verront aucune estimation concernant l'utilisation éventuelle de l'intelligence artificielle.
Ces évolutions traduisent une volonté croissante des plateformes de préserver la qualité des contenus proposés aux utilisateurs, tout en continuant à intégrer les outils d'intelligence artificielle dans leurs services. Pour les créateurs, la logique évolue progressivement: produire davantage ne suffit plus, l'originalité et la valeur ajoutée deviennent des critères de plus en plus déterminants.
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