Société
Avant de louer une voiture: Droits et obligations pour protéger le client et l'agence
22/07/2026 - 12:23
Khawla Znaizini
Avec une forte demande sur la location de voitures durant la saison estivale — marquée par le retour des Marocains résidant à l'étranger (MRE) et l'afflux des touristes —, les questions relatives aux droits et devoirs encadrant la relation entre agences de location et clients refont surface chaque année.
Bien que la concurrence entre professionnels contribue à la stabilisation des prix et à l'élargissement de l'offre pour les consommateurs, les professionnels soulignent que de nombreux litiges et escroqueries enregistrés pendant cette période auraient pu être évités par le respect des procédures légales et une lecture attentive des clauses du contrat avant de prendre possession du véhicule.
Cette situation intervient alors que le secteur enregistre cette année une abondance de l'offre face à une demande inférieure aux prévisions pour le mois de juillet, en raison d'un retard dans l'arrivée des MRE. Cela a incité plusieurs agences à maintenir des tarifs compétitifs, dans l'attente d'une reprise de l'activité en août et début septembre.
Premier garant d'une location sécurisée
Le président de l'Union des patrons d'agences de location de voitures au Maroc (UPALVM), Abdellah Achnan, a indiqué que le secteur s'est préparé pour la saison estivale, bien que le nombre de réservations enregistrées à ce jour demeure inférieur à celui des années précédentes, en raison du retard de venue des membres de la communauté marocaine résidant à l'étranger. Il anticipe toutefois une amélioration de la demande dans les semaines à venir.
M. Achnan a précisé, dans une déclaration à SNRTnews, que le nombre d'agences de location autorisées au Maroc a progressé pour atteindre environ 11 800 structures, contre un peu moins de 11.000 l'an dernier. Cet accroissement de l'offre par rapport à la demande a permis de maintenir les prix à des niveaux accessibles, débutant à environ 250 dirhams par jour pour les véhicules économiques, et pouvant atteindre 15 000 dirhams pour les véhicules de luxe.
Cependant, selon l'intervenant, l'abondance de l'offre ne doit pas faire oublier la prudence. Il met en garde contre la multiplication des activités d'intermédiaires et d'agences fictives qui exploitent les réseaux sociaux pour attirer les clients — en particulier les MRE — avec des offres alléchantes. Ces pratiques se soldent dans certains cas par la perte de sommes d'argent sans mise à disposition du véhicule convenu.
Il a ajouté que l'association a reçu plusieurs réclamations concernant des personnes ayant transféré des fonds vers des comptes personnels après avoir réservé une voiture via des pages non vérifiées, avant de découvrir à leur arrivée au Maroc que l'agence était inexistante ou qu'elle ne répondait plus à leurs appels.
M. Achnan invite toute personne souhaitant louer un véhicule à s'assurer de l'existence d'un siège physique de l'agence, à solliciter un proche sur place pour vérifier l'adresse s'il s'agit d'une première transaction, à éviter tout virement vers des comptes personnels et à se limiter à une avance raisonnable équivalente à un ou deux jours de location. Il recommande également de lire l'intégralité des clauses contractuelles et de vérifier la concordance des données du véhicule avec les documents remis.
Il a par ailleurs signalé que certains intermédiaires louent des véhicules auprès d'agences agréées pour les sous-louer à d'autres clients ou les utiliser dans le transport de passagers à des tarifs multipliés ; des pratiques qui exposent le client à des litiges juridiques et nuisent à la réputation du secteur.
De simples détails pour éviter des litiges coûteux
De son côté, Moundir El Asri, propriétaire d'une agence de location de voitures à Casablanca, confirme que la plupart des litiges entre agences et locataires découlent de l'omission de procédures simples avant la prise en main du véhicule ou lors de sa restitution. Il souligne que le respect des conditions légales protège les droits des deux parties.
M. El Asri a précisé à SNRTnews que l'agence est en droit de demander une copie de la carte d'identité nationale pour les citoyens marocains ou du passeport pour les étrangers, ainsi qu'un permis de conduire valide datant d'au moins un an — certaines agences exigeant deux ans d'ancienneté.
Certaines agences appliquent des conditions spécifiques relatives à l'âge en fixant un seuil minimal ou maximal. En cas de conducteur additionnel, sa présence physique et sa signature sur le contrat de location sont obligatoires, et il reste soumis aux mêmes exigences que le conducteur principal.
Il a ajouté que l'agence a le droit d'exiger une caution financière, à condition qu'elle soit explicitement stipulée dans le contrat de location ; elle équivaut généralement à environ 5 % de la valeur totale du véhicule. Cette garantie peut être versée en espèces ou via d'autres moyens de paiement selon la politique de l'établissement. En revanche, l'agence n'a légalement pas le droit de conserver le passeport du locataire, document personnel ne pouvant servir de gage.
Il a insisté sur la nécessité de vérifier la nature de l'assurance couvrant le véhicule avant de signer le contrat et de consulter les documents afférents pour connaître l'étendue de la couverture, mesure déterminante pour établir les responsabilités en cas d'accident de la circulation ou de dommages subis par le véhicule.
Il conseille également d'effectuer un état des lieux photographique ou vidéo de l'intérieur et de l'extérieur du véhicule au moyen d'un téléphone avant sa prise en main, en consignant tout impact ou rayure préexistante et en le signalant à l'agence. Cette précaution simple constitue l'un des moyens les plus efficaces pour éviter tout litige lors de la restitution.
Géolocalisation du véhicule
M. El Asri explique qu'une agence a le droit de s'informer sur la destination ou les zones de déplacement prévues durant la période de location. La majorité des agences équipent leurs véhicules de puces GPS pour protéger leur flotte. Néanmoins, le suivi à distance ou la coupure du moteur ne sont justifiés que dans des cas exceptionnels : indices sérieux de tentative de détournement, rupture de contact avec le client ou suspicion de non-restitution dans les délais convenus.
Le locataire est tenu de restituer le véhicule à l'heure fixée et dans le même état mécanique qu'à la réception, en respectant l'intégrité de la carrosserie, la propreté intérieure et extérieure, ainsi que le niveau de carburant convenu. En cas de souhait de prolongation, le locataire doit en informer l'agence au préalable et établir un avenant ou un nouveau contrat si nécessaire. L'agence se réserve le droit de recourir à la justice s'il s'avère que les dégradations découlent d'une imprudence ou du non-respect des clauses du contrat.
En cas d'accident de la route, la rédaction d'un constat officiel est obligatoire, ce document servant de base à la compagnie d'assurance pour le traitement du dossier. La caution ne subit de retenue que si la responsabilité du locataire est établie conformément aux termes du contrat ; elle lui est restituée dans son intégralité dans le cas contraire.
Les professionnels estiment que la dynamique concurrentielle observée cet été offre aux clients un choix élargi et des tarifs plus attractifs. Elle rend toutefois la prise de conscience des droits et obligations tout aussi essentielle que le choix du véhicule. La lecture du contrat, la vérification de l'assurance, le recours à une agence agréée et la documentation de l'état du véhicule demeurent des réflexes simples, indispensables pour préserver chaque partie de différends évitables.
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