Société
Incendies de forêt : le bilan 2026 révèle une hausse des départs de feu et une baisse des superficies touchées
21/07/2026 - 19:21
SNRTnews
Malgré une multiplication des départs de feu depuis le début de l'année, le Maroc parvient à limiter l'ampleur des incendies de forêt. C'est ce qui ressort du dernier bilan publié par l'Agence Nationale des Eaux et Forêts (ANEF), qui fait état de 310 incendies enregistrés entre le 1er janvier et le 20 juillet 2026, ayant parcouru 1.850 hectares à l'échelle nationale.
Selon l'Agence, chaque incendie a touché en moyenne 5,9 hectares. Les superficies brûlées se répartissent entre 832 hectares de formations forestières arborées, représentant 45 % du total, et 1.018 hectares de formations herbacées et d'essences secondaires, soit 55 %.
Une hausse des départs de feu, mais des incendies mieux maîtrisés
L'année 2026 se distingue par une évolution contrastée. Comparé à la moyenne des dix dernières années sur la même période, le nombre d'incendies a augmenté de près de 32 %, contre une moyenne décennale de 233 départs de feu.
En revanche, les surfaces parcourues par les flammes ont diminué de 30 %, passant d'une moyenne de 2.660 hectares à 1.850 hectares cette année.
L'ANEF explique l'augmentation du nombre de départs de feu par deux facteurs principaux. Les importantes précipitations enregistrées durant l'hiver ont favorisé le développement d'une végétation herbacée abondante, qui s'est rapidement asséchée sous l'effet des vagues de chaleur de fin mai et du début du mois de juillet, devenant ainsi particulièrement inflammable.
À l'inverse, la diminution des superficies brûlées traduit, selon l'Agence, l'efficacité du dispositif national de prévention et de lutte contre les incendies. Celui-ci mobilise notamment le ministère de l'Intérieur, l'Agence Nationale des Eaux et Forêts, la Direction générale de la Protection civile, les Forces Armées Royales, la Gendarmerie Royale, les Forces Royales Air, les Forces auxiliaires ainsi que les autorités locales.
La rapidité de détection et d'intervention a permis de contenir la majorité des départs de feu avant qu'ils ne prennent de l'ampleur, explique l'ANEF.
Souss-Massa et Béni Mellal-Khénifra les plus touchées
En termes de superficies incendiées, la région de Souss-Massa arrive en tête avec 600 hectares parcourus, suivie de Béni Mellal-Khénifra (410 hectares) et de Marrakech-Safi (205 hectares).
En nombre de départs de feu, la pression est particulièrement forte dans les régions de Rabat-Salé-Kénitra, avec 80 incendies recensés, et de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, qui en a enregistré 70. L'Agence estime que cette situation reflète une pression humaine plus importante sur les espaces forestiers de ces régions.
Une semaine marquée par plusieurs incendies majeurs
La semaine du 13 au 19 juillet a concentré une part importante des superficies brûlées de l'année. Durant cette période, 20 incendies ont été enregistrés, détruisant 670 hectares.
Les principaux foyers concernent les incendies de Taroudant (Inaouene) et d'El Haouz (Ijoukak), qui ont parcouru 403 hectares. Déclenchés le 15 juillet, ils ont été entièrement maîtrisés le 20 juillet.
L'incendie de Lakssiba, dans la province de Béni Mellal, a détruit pour sa part 170 hectares avant d'être maîtrisé à 100 % le 18 juillet.
Quant à l’incendie d'Afourar, dans la province d'Azilal, il a parcouru 85 hectares. Déclenché le 17 juillet, il était maîtrisé à 90 % au 20 juillet.
Le Maroc affiche l'un des meilleurs résultats du bassin méditerranéen
L'ANEF souligne que le Maroc demeure le pays du bassin méditerranéen présentant le plus faible taux de surface incendiée rapportée à sa superficie forestière.
Les données de l'Office européen chargé du suivi des feux de forêt (EFFIS) montrent que les superficies parcourues par les flammes sont nettement plus importantes dans plusieurs pays voisins, avec 104.476 hectares en Espagne, 42.178 hectares en France, 29.224 hectares au Portugal et 20.291 hectares en Italie.
Pour l'Agence, ces résultats confirment la pertinence du modèle marocain de prévention, de surveillance et de lutte contre les incendies, dans un contexte régional marqué par une recrudescence des feux sous l'effet du changement climatique.
La vigilance reste de mise
L'Agence Nationale des Eaux et Forêts rappelle toutefois que les mois d'août et de septembre constituent des périodes particulièrement critiques en raison de la persistance de conditions météorologiques chaudes et sèches.
Le dispositif national de surveillance et d'interventions reste ainsi mobilisé à son niveau maximal. L'ANEF appelle les usagers des espaces forestiers, notamment les campeurs, apiculteurs, éleveurs et visiteurs, à faire preuve de la plus grande vigilance, à éviter toute utilisation du feu susceptible de provoquer un incendie et à signaler immédiatement aux autorités compétentes tout départ de feu ou comportement suspect.
Selon l'Agence, cette mobilisation collective demeure indispensable pour préserver le patrimoine forestier national et garantir son rôle essentiel sur les plans environnemental, économique et social.
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