Economie
Casablanca trace la voie d’un marché carbone africain
08/07/2025 - 21:05
Matar Bensalmia | Hamza BAMMOUC’est à Casablanca que les contours d’un nouveau chapitre climatique se dessinent. En accueillant la conférence “Scaling up Carbon Markets in Africa”, organisée par Casablanca Finance City Authority (CFC) et la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), en partenariat avec la coopération allemande GIZ, le Maroc pose une pierre fondatrice dans l’édification d’un marché volontaire du carbone, adapté aux réalités africaines.
Alors que le continent détient près d’un tiers du potentiel mondial de crédits carbone, moins de 2% en sont aujourd’hui captés en valeur. Un déséquilibre que Saïd Ibrahimi, PDG de Casablanca Finance City Authority, appelle à combler par la mise en place d’un cadre structurant et régionalisé.
“Ce que nous avons initié aujourd’hui est une première brique”, affirme-t-il dans une déclaration à SNRTnews. “Pour combler le fossé, nous devons structurer un écosystème régional solide, aligné avec les standards internationaux et adapté à nos réalités locales”.
CFC entend jouer un rôle moteur dans cette dynamique. Depuis fin 2024, la place financière casablancaise accueille de nouveaux acteurs de la filière carbone, renforçant ainsi un écosystème déjà en construction. Selon la même source, la conférence a surtout été l’occasion d’annoncer le lancement du “Green Assets Cluster”, un instrument fédérateur réunissant opérateurs, institutions et partenaires internationaux autour des enjeux liés au marché carbone.
Ce cluster, ajoute-t-il, a pour mission de générer des opportunités business, d'encourager le dialogue politique, la collaboration internationale, la promotion et le renforcement des capacités sur toute la chaîne de valeur.
“Il s’agit pour nous de créer de nouveaux segments de croissance alignés avec l’agenda climatique mondial et le potentiel africain”, insiste Ibrahimi. “Mais aussi d’assumer pleinement notre rôle de place africaine structurante, qui relie, fédère et donne une voix commune à l’Afrique”.
Une volonté politique en soutien actif
Cette ambition bénéficie d’un soutien institutionnel clair. Le ministère de la Transition Énergétique et du Développement Durable travaille à la finalisation d’un cadre stratégique national, incluant l’élaboration d’un guide opérationnel et d’un dispositif institutionnel et réglementaire solide, en conformité avec l’article 6 de l’Accord de Paris.
“Le Maroc œuvre activement à la mise en place d’un dispositif institutionnel et réglementaire solide, afin d’anticiper les évolutions internationales”, a déclaré, à SNRTnews, Yassine Oualili, chargé de mission au sein du ministère.
Il a également souligné que l’Afrique dispose d’un potentiel immense en matière de crédits carbone de qualité, à condition de garantir l’intégrité environnementale, l’harmonisation des cadres juridiques et la mobilisation efficace des financements.
“Le Maroc, sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu le Glorifie, poursuivra résolument ses efforts pour jouer un rôle moteur dans la structuration des marchés carbone africains ainsi que la promotion de la croissance verte inclusive et durable”, a-t-il conclu.
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