Société
Charcuterie: la santé des Marocains est-elle en danger?
12/07/2022 - 15:40
Khaoula Benhaddou
Un avis publié ce mardi 12 juillet par les autorités françaises a prouvé que la viande transformée n’est pas sans danger. Il a été confirmé l’existence d’une association entre le risque de cancer colorectal et l’exposition aux nitrates et nitrites présentes dans la charcuterie. Quelle réalité au Maroc surtout que ce produit est de plus en plus prisé par les Marocains?
Dans les sandwichs, les salades ou les gratins, la charcuterie s’invite de plus en plus dans les plats des Marocains surtout durant la période estivale. La viande transformée contient souvent des produits conservateurs, du gras, des nitrates et des nitrites. Des compositions cancérigènes souvent pointées du doigt par les spécialistes.
D’ailleurs, les autorités sanitaires françaises ont confirmé ce mardi 12 juillet "l'existence d'une association entre le risque de cancer colorectal et l'exposition aux nitrates et nitrites", notamment via la viande transformée.
A noter que ces composants nitrés sont utilisés pour rallonger la durée de conservation des produits, prévenir le développement de bactéries pathogènes mais aussi pour la couleur rose de la charcuterie.
Qui du Maroc?
Pour Bouazza Kherrati, Président de la Fédération marocaine des droits du consommateur (FMDC), "la production de la charcuterie est contrôlée par l’ONSSA, et le taux de nitrite utilisé est maîtrisé. Malgré cela, le consommateur doit diminuer la consommation de ces produits travaillés". Et à lui de rappeler qu'"Il ne faut pas oublier que le Maroc a une compétence charcutière ancestrale notamment avec Khli’i, Guedid et Mjebna. Des produits délicieux, bons pour la santé et surtout avec 0% de nitrites et de nitrates".
Pour sa part, le nutritionniste, Jaafar Heikel, souligne que "l’Agence européenne avait ouvert, il y a quelques années le débat sur ces produits cancérigènes. Les données publiées aujourd’hui ne viennent que confirmer ces informations. Ce qui est important, c’est qu’il faut s’assurer que les produits vendus sur le marché marocain sont bien surveillés, et ce, dans l’intérêt de la santé de la population".
La responsabilité du consommateur !
Heikel, qui indique aussi que l’ONSSA et les autorités marocaines contrôlent ces produits, insiste sur le rôle du citoyen. "Je regrette que les consommateurs marocains ne prennent pas la peine et le temps de lire les étiquettes. Aujourd’hui, la loi est claire et elle établit des normes pour ces étiquettes nutritionnelles", insiste-t-il, avant d'ajouter que "quand on achète un jus, un biscuit ou un produit laitier, il faut connaître ses composants et savoir combien il y a de gras, de sucre rapide, de protéines, de sel ou de conservateurs. C’est un acte citoyen mais aussi un acte de protection de notre santé et celle de nos proches", recommande-t-il.
Pour conclure, Jaafar Heikel rappelle qu’une équipe de spécialistes planchent sur le chantier des nutri scores afin de faciliter l'identification des aliments de bonne qualité nutritionnelle en les notant de A à E. "Nous travaillons avec l’équipe du Pr Hassan Agnaou sur les nutri scores. Nous voulons donner des lettres de A à E en couleurs du vert jusqu’au rouge pour que la ménagère puisse voir si certains produits respectent les normes ou pas. C’est déjà adopté en France et j’espère qu’on va l’accepter au Maroc pour protéger nos consommateurs".
Articles en relations
Monde
Economie
Société
Economie