Société
Climat: Des précipitations de plus en plus extrêmes au Maroc sous l’effet du réchauffement
27/02/2026 - 14:39
SNRTnews
Les pluies torrentielles qui ont frappé le Maroc entre janvier et février 2026 ont été intensifiées par le changement climatique d’origine humaine, selon une étude publiée jeudi par le groupe scientifique World Weather Attribution (WWA), spécialisé dans l’analyse des liens entre phénomènes météorologiques extrêmes et réchauffement global.
Entre le 16 janvier et le 17 février, neuf tempêtes successives ont balayé le Maroc, l’Espagne et le Portugal, provoquant des précipitations diluviennes et des vents violents. Au Maroc, certaines régions ayant reçu l’équivalent d’un mois de pluie en seulement trois jours.
Des pluies plus intenses qu’à l’ère préindustrielle
D’après le rapport, les journées les plus pluvieuses dans la région étudiée sont aujourd’hui environ 30% plus humides qu’à l’époque préindustrielle, lorsque la température moyenne mondiale était inférieure d’environ 1,3°C.
Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont analysé les épisodes de précipitations journalières les plus intenses enregistrés durant la saison humide (octobre-mars), puis les ont comparés à des simulations représentant un climat plus froid de 1,3°C, correspondant aux conditions antérieures à l’industrialisation.
Dans la zone sud étudiée qui inclut le nord du Maroc et le sud de la péninsule Ibérique, l’intensité des pluies extrêmes a augmenté de manière significative, selon les bases de données climatiques utilisées, confirmant une tendance à l’aggravation des épisodes les plus violents. L’étude indique également que l’événement du 4 février 2026 correspond désormais à un phénomène d’occurrence approximative de 40 ans.
Un enchaînement météorologique exceptionnel
Selon le WWA, la succession inhabituelle de tempêtes s’explique en partie par un système anticyclonique bloqué au-dessus de la Scandinavie et du Groenland, favorisant un flux continu de perturbations vers l’Europe de l’Ouest et le Maghreb.
À cela se sont ajoutées des températures anormalement élevées de l’océan Atlantique à l’ouest de la péninsule Ibérique, qui ont accru la quantité d’humidité disponible dans l’atmosphère, renforçant ainsi les précipitations.
Les chercheurs soulignent toutefois que, si le signal d’intensification des pluies extrêmes est clair dans les observations, des incertitudes subsistent dans certaines modélisations climatiques régionales.
Vulnérabilités et exposition accrues
Au Maroc, l’impact des intempéries a été amplifié par l’exposition des zones urbaines densément peuplées, notamment dans des secteurs situés en plaines inondables. Le rapport met en avant l’importance de mieux intégrer les projections climatiques dans l’urbanisme, les infrastructures et les systèmes d’alerte précoce afin de réduire les risques futurs.
Si ces pluies ont contribué à améliorer le niveau de remplissage des barrages par rapport à l’an dernier, elles illustrent également une réalité plus préoccupante: dans un climat plus chaud, les épisodes extrêmes deviennent plus intenses et potentiellement plus destructeurs.
Articles en relations
Economie
Société
Monde
Monde