Monde
Comment une montre à gousset a-t-elle pu provoquer un tel chaos planétaire?
18/05/2026 - 20:12
Tharae Merzouq
Une véritable scène de liesse, mâtinée d'un joyeux désordre. À New York, Londres, Tokyo ou Lyon, des centaines de personnes ont bravé la nuit et parfois plusieurs jours d'attente sur le trottoir pour s'offrir le "Royal Pop".
Ce modèle ultra-limité, né d'une collaboration inédite entre Swatch et la prestigieuse maison de haute horlogerie Audemars Piguet, a provoqué d'immenses bousculades. "C'était une vraie marée humaine, comme dans un pogo de concert", s'étonne John McIntosh, un acheteur dépêché sur place à New York.
Un coup de maître marketing
Comment un simple accessoire peut-il déclencher une telle ferveur ?
La réponse tient en deux mots : l’effet d'aubaine.
Vendu au prix très accessible de 400 euros, ce modèle arbore la signature d'Audemars Piguet, une marque dont les créations classiques dépassent habituellement les 20 000 euros. Pour les spéculateurs et les passionnés, l'occasion était trop belle : avant même la mise en vente officielle, les prix à la revente s'enflammaient déjà sur internet pour atteindre plus de 17 000 euros.
Le retour de la montre de gousset
L'autre surprise réside dans le produit lui-même. Loin de la montre-bracelet traditionnelle, le "Royal Pop" bouscule les codes en revisitant la montre de gousset avec une esthétique pop en biocéramique et un cadran octogonal.
Un objet résolument modulable, pensé pour être porté autour du cou ou accroché à un sac. Ce look audacieux cible directement la jeune génération, ultra-connectée, qui transforme les files d'attente en vidéos virales sur les réseaux sociaux. Face à ce raz-de-marée, Swatch a dû restreindre l'accès à ses boutiques pour des raisons de sécurité, victime une fois de plus du succès de sa stratégie de la rareté.
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