Société
Compléments au cannabis: Les pharmacies marocaines face à une demande mitigée
14/06/2025 - 21:16
Youness Oubaali
Malgré l'encadrement légal des compléments alimentaires et des produits cosmétiques à base de cannabis, la faible commercialisation suscite une inquiétude chez les professionnels du secteur.
Depuis le lancement des premiers compléments alimentaires à base de cannabis, un manque de sensibilisation à leur sécurité et à leur utilité prévalait, ce qui a poussé les professionnels de santé à réagir pour rassurer le public.
Dans une déclaration à SNRTnews, un propriétaire d’une coopérative spécialisée dans la commercialisation et l’exportation des produits à base de cannabis réglementé, a affirmé qu’ils ont produit environ13.000 unités de compléments alimentaires et des produits cosmétiques qui n’ont pas été demandé par les pharmacies ou par les entreprises de distribution pharmaceutique.
Il a souligné que la coopérative collabore avec environ 350 pharmacies et travaille avec des dizaines d’agriculteurs, indiquant qu’une partie de ces produits a été exportée vers certains pays. Pendant deux mois, plusieurs pharmacies ont passée de nouvelles commandes, ainsi que certaines entreprises de distribution pharmaceutique ont augmenté leur demande au cours des derniers mois.
"Même si ces indicateurs sont positifs, on ne peut pas juger le niveau réel de la demande, surtout que la commercialisation de ces produits n’a commencé que depuis quelques mois", affirme le propriétaire.
Selon le secrétaire général de la Confédération des syndicats des pharmaciens au Maroc, Amine Bouzoubâa, la demande est très faible, il a dévoilé que la culture de la plante interdite depuis longtemps représentait un obstacle, ainsi que le le coût de ces produits est toujours élevé. Il a précisé que le manque de conviction des médecins et pharmaciens quant à la légitimité scientifique de ces produits représente un frein de la commercialisation de ces compléments alimentaires à base de cannabis. M. Bouzoubâa a expliqué que les médecins trouvent que ce genre de produits pharmaceutiques devraient être classés comme médicaments destinés au traitement psychologique.
Il a précisé que les compléments alimentaires à base de cannabis sont comme toutes les produits pharmaceutiques qui ne peuvent être délivrés sans ordonnance. M. Bouzoubâa a souligné que la coopération avec certaines pharmacies ne signifie pas un engouement généralisé, rappelant qu’il existe environ 14.000 pharmacies au Maroc.
Le secrétaire général de la Confédération des syndicats des pharmaciens au Maroc a réaffirmé que les professionnels de santé ne sont pas convaincus par le cadre légal et scientifique qui encadre ces produits, appelant le ministère de la Santé et de la Protection sociale à revoir leur classification afin de les considérer comme des médicaments soumis à prescription médicale.
La directrice d’une entreprise pharmaceutique engagée dans la production des compléments alimentaires à base de cannabis, Mouna Chabbach, a affirmé que ces produits sont privés de toute substance stupéfiante.
Elle a souligné que les clients de l’entreprise sont conscients de la sécurité des produits, notamment parce qu’ils sont vendus en pharmacie. Au niveau des prix Mme. Chabbach trouve que les prix sont abordables tout en soulignant que chaque acteur de la production de ces produits, de l’agriculteur jusqu’au pharmacien, a le droit de réaliser une marge bénéficiaire.
Mme. Chabbach a précisé que le rôle des médecins et pharmaciens est d’informer le public de manière scientifique sur la sécurité de ces produits.
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