Economie
Banque mondiale: L'investissement public propulse la plus forte croissance économique du Maroc depuis plus de dix ans
25/07/2026 - 10:07
Malak Zougagh
Selon un nouveau rapport de la Banque mondiale, publié ce jeudi, le Maroc a enregistré en 2025 sa plus forte croissance économique depuis plus d'une décennie.
L'institution estime que cette performance est principalement portée par la hausse des investissements publics, notamment ceux liés aux préparatifs de la Coupe du monde 2030, ainsi que par la reprise progressive du secteur agricole. Elle souligne toutefois que la transformation numérique des entreprises constituera le principal levier pour maintenir cette dynamique dans les années à venir.
Selon le rapport de suivi de la situation économique au Maroc – Été 2026, intitulé "Consolider la croissance: La transformation numérique comme levier de productivité", le PIB réel a progressé de 4,9 % en 2025, soit sa meilleure performance en dix ans. Le document attribue cette évolution à l'accélération des investissements dans les infrastructures et au rebond naissant de l'agriculture.
Le rapport relève également que les fondamentaux macroéconomiques du Royaume demeurent solides. Selon la Banque mondiale, l'inflation est retombée à 0,8 %, allégeant les pressions subies par les ménages et les entreprises au cours des dernières années. L'institution mentionne aussi une amélioration des finances publiques, avec un déficit budgétaire ramené à 3,5 % du PIB, tandis que Standard & Poor's a récemment relevé la note souveraine du Maroc à la catégorie "Investment Grade".
Toutefois, le document souligne que cette croissance ne se reflète pas encore pleinement sur le marché de l'emploi. Il indique que les derniers chiffres disponibles font apparaître un taux global de sous-utilisation de la main-d'œuvre de 22,5 %, révélant un potentiel économique encore inexploité.
Selon les prévisions de la Banque mondiale, la croissance devrait rester soutenue en 2026, avec un taux estimé à 4,2 %, grâce à la poursuite des investissements publics et au maintien de la demande intérieure.
Le rapport met cependant en garde contre plusieurs facteurs de risque. Il estime que le conflit au Moyen-Orient continue d'exercer une pression sur les coûts des importations énergétiques et sur les prix du transport maritime, avec un impact négatif évalué à 0,8 point de pourcentage sur la croissance marocaine par rapport au scénario d'avant-conflit.
L'institution cite également les sécheresses récurrentes comme une menace durable pour la production agricole et les secteurs dépendants des ressources hydriques. Selon la Banque mondiale, la croissance du Maroc reste par ailleurs tributaire du rythme de la reprise économique chez ses principaux partenaires européens, tandis que des défis structurels persistent sur le marché du travail, notamment la faible participation des femmes à la population active.
Le rapport estime ainsi que la transformation numérique représente désormais le principal levier d'amélioration de la productivité. Il considère que, malgré les progrès réalisés ces dernières années, les entreprises marocaines exploitent encore insuffisamment les technologies numériques avancées.
Selon la Banque mondiale, moins d'une entreprise sur cinq utilise aujourd'hui de manière intensive et intégrée des outils tels que les logiciels de gestion d'entreprise, les plateformes de gestion de la relation client (CRM) ou les solutions de commerce électronique.
L'institution souligne que l'adoption plus poussée de ces technologies pourrait générer d'importants gains économiques. Selon ses estimations, les entreprises qui intensifient leur utilisation du numérique peuvent enregistrer des gains de productivité pouvant atteindre 70 %, créer des emplois 10 % plus rapidement et offrir des salaires supérieurs d'environ 27 % en moyenne.
Enfin, la Banque mondiale estime que réduire l'écart de numérisation entre le Maroc et les pays comparables permettrait d'augmenter la productivité globale de 10 à 15 %, faisant de la transformation numérique le prochain moteur de croissance de l'économie marocaine.
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