Société
Santé et fortes chaleurs: Quand et comment consommer des électrolytes
25/07/2026 - 10:49
Wydad El Houari
Sachets à diluer, pastilles effervescentes ou boissons prêtes à l'emploi : les électrolytes ont quitté le cercle des sportifs pour s'installer dans le quotidien de nombreux consommateurs, notamment lors des fortes chaleurs estivales. Indispensables à l'hydratation et au bon fonctionnement de l'organisme, ces minéraux doivent toutefois être consommés avec discernement.
Sodium, potassium, magnésium, calcium ou chlorure : les électrolytes sont "des minéraux essentiels qui portent une charge électrique lorsqu'ils sont dissous dans l'eau", explique à SNRTnews le Dr Karim Ouali, médecin nutritionniste. "Ils interviennent dans pratiquement toutes les fonctions vitales : le maintien de l'équilibre hydrique, la transmission de l'influx nerveux, la contraction musculaire, le rythme cardiaque, la régulation de la pression artérielle ainsi que l'équilibre acido-basique".
Bien s'hydrater ne se résume pas à boire beaucoup d'eau: encore faut-il que l'organisme puisse la retenir, une répartition assurée par ces minéraux. Loin d'être un simple produit tendance, comme le souligne le spécialiste, il s'agit de "nutriments indispensables dont l'utilisation doit répondre à un besoin physiologique clairement identifié".
Toute la question est donc de déterminer qui en a besoin et à quel moment. Contrairement aux idées reçues, leur intérêt ne se limite pas aux athlètes. "Les besoins augmentent également chez les personnes exposées à de fortes chaleurs, les travailleurs en extérieur, les personnes âgées, les enfants, les femmes enceintes ou allaitantes, ainsi que chez les patients souffrant de diarrhées, de vomissements, de fièvre ou prenant certains médicaments comme les diurétiques", précise le Dr Ouali. La transpiration importante pendant la période estivale entraîne des pertes d'eau et de minéraux qui, si elles ne sont pas compensées, peuvent provoquer "de la fatigue, des crampes musculaires, une baisse des performances physiques et cognitives, voire de véritables troubles de l'équilibre hydro-électrolytique".
Lorsqu'un besoin existe, les bénéfices sont documentés : un apport adapté en sodium favorise une meilleure absorption intestinale de l'eau, un mécanisme exploité dans les solutions de réhydratation orale recommandées par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Chez le sportif, les effets sont surtout démontrés "lors d'efforts prolongés dépassant une heure, notamment en ambiance chaude", avec une réduction de la déshydratation et des crampes. Une correction adaptée des déficits améliore aussi la récupération après une gastro-entérite ou un coup de chaleur et, chez les personnes âgées, contribue à prévenir "les chutes, la confusion ou l'insuffisance rénale fonctionnelle" liées à la déshydratation.
En revanche, quel que soit le format choisi, une supplémentation sans besoin réel n'est pas anodine. L'excès de sodium peut "augmenter la pression artérielle et majorer le risque cardiovasculaire" chez les personnes hypertendues ou souffrant d'insuffisance cardiaque ou rénale. Le potassium impose la prudence chez les patients sous traitement, une hyperkaliémie pouvant provoquer "des troubles sévères du rythme cardiaque", tandis que le magnésium à haute dose peut entraîner des troubles digestifs. C'est pourquoi "la micronutrition moderne repose sur la personnalisation", insiste le spécialiste : "Nous ne supplémentons pas systématiquement ; nous corrigeons un besoin identifié, en tenant compte du contexte clinique, biologique et nutritionnel".
Pour une personne en bonne santé pratiquant une activité modérée de moins d'une heure, "une alimentation équilibrée associée à une hydratation adaptée est généralement suffisante" : il est donc inutile d'intégrer ces produits à la consommation courante. Quand leur usage se justifie — en cas d'effort prolongé, de forte chaleur ou de transpiration abondante —, il convient de "privilégier des produits dont la composition est transparente, avec une teneur en sodium adaptée aux pertes sudorales, sans excès de sucres ajoutés ni additifs inutiles", et "ne pas se laisser guider uniquement par le marketing". Enfin, les personnes hypertendues, cardiaques, souffrant d'insuffisance rénale, polymédiquées ou les femmes enceintes présentant des pathologies doivent impérativement solliciter un avis médical avant toute supplémentation.
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