Art & Culture
Youssef Mourahab: "la danse est une trajectoire de mouvements et d'émotions"
24/07/2026 - 13:29
Khaoula Benhaddou | Rafiq BouhmouchÀ seulement 25 ans, Youssef Mourahab a inscrit son nom dans l'histoire de la danse marocaine. Sacré champion du monde à la Dance World Cup 2026, à Dublin, il a offert au Royaume sa toute première médaille d'or dans cette prestigieuse compétition internationale. Derrière cette victoire historique se dessine le parcours inspirant d'un jeune autodidacte qui a fait de la danse une thérapie, puis une vocation, avant de transmettre aujourd'hui sa passion à une nouvelle génération de danseurs.
Lorsque l'hymne national marocain a retenti à Dublin, en Irlande, l'émotion était à son comble. Sur la plus haute marche du podium de la Dance World Cup 2026, Youssef Mourahab venait d'écrire une page de l'histoire de la danse marocaine. Avec une note exceptionnelle de 90,9 points, le jeune danseur est devenu le premier Marocain à décrocher une médaille d'or dans cette compétition internationale qui réunit chaque année près de 12.000 danseurs venus des quatre coins du monde.
Mais derrière cette consécration se cache une histoire profondément personnelle. "Cette chorégraphie raconte mon histoire", confie Youssef Mourahab dans un entretien accordé à SNRTnews.
Danser pour se reconstruire
Chaque geste, chaque mouvement et chaque silence ont été pensés pour traduire son propre parcours, jalonné d'épreuves, de doutes et de reconstruction.
Pour lui, la danse n'a jamais été un simple art. Elle a été une véritable thérapie. "La danse m'a permis de me relever, d'exprimer ce que je ne pouvais pas dire avec des mots. Sans elle, je ne serais pas la personne que je suis aujourd'hui. Pour moi, la danse est une trajectoire de mouvements et d'émotions", raconte-t-il avec émotion.
À 25 ans, Youssef Mourahab mesure le chemin parcouru. Autodidacte, il découvre la danse en 2017, sans suivre de formation académique. Porté par une détermination sans faille, il apprend seul, multiplie les heures d'entraînement et perfectionne sa technique jusqu'à faire de sa passion un métier.
L'art de transmettre
Aujourd'hui, il est coach au sein de l'école Temps'Danse, où il accompagne à son tour la nouvelle génération de danseurs marocains. Une transmission qui porte déjà ses fruits : l'équipe qu'il entraîne s'est elle aussi illustrée lors de la Dance World Cup 2026 en remportant une médaille, preuve que son talent s'exprime autant dans l'interprétation que dans l'encadrement.
Cette réussite est également celle de l'école Temps'Danse, qui représentait le Maroc avec une délégation de 36 danseurs, âgés de 7 à 24 ans. Grâce à leur travail et à leur détermination, les jeunes artistes marocains ont signé une participation remarquable.
Outre la médaille d'or de Youssef Mourahab, Chama Benkirane a décroché une cinquième place mondiale en Street Dance, assortie d'un Golden Ticket, une distinction qui lui ouvre les portes de workshops internationaux de perfectionnement. Le groupe Commercial s'est hissé dans le Top 10 mondial, tandis que plusieurs solos ont intégré le Top 15 de leurs catégories avec des notes supérieures à 83 points.
Un rêve devenu réalité
La sincérité de la prestation de Youssef Mourahab, alliée à sa maîtrise technique, a profondément marqué le jury. Sur scène, il ne s'est pas contenté d'exécuter une chorégraphie : il a livré une part de son histoire. Une performance qui a bouleversé le public et permis au Maroc de monter, pour la première fois, sur la plus haute marche de la Dance World Cup.
Le jeune champion n'en est d'ailleurs pas à son premier grand rendez-vous. Danseur professionnel, il a également participé aux chorégraphies de la Coupe d'Afrique des nations organisée au Maroc, contribuant à la mise en scène de l'un des plus grands événements sportifs du continent. Une expérience qui lui a permis d'affiner son univers artistique avant de conquérir la scène mondiale.
Pour Youssef Mourahab, cette médaille dépasse largement le cadre d'une réussite personnelle. "Quand j'ai entendu l'hymne marocain, j'ai compris que cette victoire n'était plus seulement la mienne. Elle appartient à tous ceux qui ont cru en moi et à tous les jeunes Marocains qui rêvent de vivre de leur passion".
Son parcours démontre qu'un autodidacte peut devenir champion du monde lorsque le talent rencontre le travail et la persévérance. Il montre aussi qu'un champion peut devenir un passeur de savoir et d'espoir. À travers les jeunes danseurs qu'il forme aujourd'hui,
Youssef Mourahab espère voir émerger une nouvelle génération de talents marocains capables, à leur tour, de briller sur les scènes internationales.
Articles en relations
Art & Culture
Sport
Sport
Art & Culture