Economie
Conseil de BAM: changera-t-on le taux directeur?
24/06/2024 - 12:23
Ouiam Faraj | Mohammed Fizazi
Les économistes et les investisseurs attendent, à l'approche de chaque réunion du Conseil de Bank Al Maghrib, la nouvelle orientation que prendra la banque centrale concernant la prolongation de la période de stabilité du taux directeur à 3% ou sa modification. Le Maroc a-t-il besoin de changer le taux directeur en ce moment?
Le taux directeur est défini comme le taux que la banque centrale paie sur les dépôts des banques commerciales. Ce taux sert d'indicateur pour les taux d'intérêt des banques commerciales, qui ne doivent pas être inférieurs au taux de la banque centrale. Le taux directeur permet également à la banque centrale de contrôler la masse monétaire en circulation en ajustant ce taux à la hausse ou à la baisse sur le moyen terme.
Réduction de la liquidité
Augmenter le taux d'intérêt freine les opérations d'emprunt, réduisant ainsi la liquidité sur le marché, ce qui conduit à une baisse de l'inflation, responsable de la hausse des prix. La hausse des taux d'intérêt alourdit le fardeau des nouveaux prêts ainsi que des anciens, rendant plus difficile pour les clients bancaires de contracter des emprunts. Cela pourrait dissuader ou retarder l'achat de biens ou de services, ou encore l'investissement dans des projets.
En conséquence, la liquidité monétaire et la consommation diminuent. Réduire la liquidité pour diminuer la consommation est une méthode clé pour baisser l'inflation. Par ailleurs, avec des taux d'intérêt plus élevés, le coût de financement des activités économiques augmente, souvent accompagné d'une hausse significative des dépôts bancaires, ce qui peut réduire la circulation monétaire et faire baisser les prix.
Prise en compte des tendances mondiales
Le Conseil de BAM devrait se réunir mardi 25 juin, avec des prévisions de maintien du taux directeur inchangé. Le chercheur en droit des affaires et économie à l'Université Hassan II de Casablanca, Badr Zaher Al-Azrak, prévoit que Bank Al Maghrib tiendra compte de la tendance internationale de nombreuses banques centrales et fédérales à abaisser le taux d'intérêt principal. Il est prévu que la décision concernera soit une réduction soit le maintien du taux à 3%, tandis qu'une augmentation est improbable dans le contexte actuel.
Al-Azrak a déclaré à SNRTnews que la tendance mondiale à relancer la dynamique économique vise à faciliter l'accès aux financements à des taux d'intérêt abordables, qu'il s'agisse de l'immobilier ou de l'investissement. Il a souligné que la nécessité de recourir à la hausse des taux d'intérêt a diminué face à la baisse de l'inflation et sa tendance vers la stabilité. Le but principal de cette mesure était de contenir l'inflation, tandis que la poursuivre pourrait entraîner une "déflation" causant une baisse de la demande mondiale.
Une diminution de la demande de produits et services signifierait la faillite des entreprises, un ralentissement de la croissance et une augmentation du chômage.
Besoins de financement des entreprises
Concernant la nécessité pour le Maroc de modifier le taux directeur, notre interlocuteur a expliqué que les entreprises marocaines ont besoin de financements à des taux abordables pour développer leurs activités. Les dernières données du Haut Commissariat au Plan indiquent la création de plus de 23,000 entreprises nécessitant des financements pour développer leurs opérations et leurs investissements.
Il a confirmé que la réduction des taux d'intérêt pourrait aider ces entreprises à se développer, en particulier les startups qui ont besoin de financements à des taux raisonnables pour démarrer et éviter les difficultés de survie dues à l'inaccessibilité à des financements abordables.
Il est à noter que l'augmentation des taux d'intérêt a un effet positif sur la réduction de l'inflation, mais négatif sur l'activité économique et l'encouragement à l'investissement, en réduisant la demande de crédit tout en augmentant la demande de dépôts bancaires, ce qui pourrait ralentir la croissance économique et les dépenses des citoyens.
Le taux d'inflation a continué à baisser, atteignant 0,4% fin mai, principalement en raison de la hausse des prix des produits non alimentaires, tandis que les prix des denrées alimentaires ont diminué. Fin avril 2024, l'inflation n'a augmenté que de 0,2% par rapport à la même période de l'année précédente, selon les données du Haut Commissariat au Plan.
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