Société
Covid: ce qu'il faut savoir sur le variant Delta, et comment faire pour éviter sa propagation
29/06/2021 - 08:00
Khaoula Benhaddou
Alors que la saison estivale a démarré, que les MRE sont rentrés à la mère patrie et que l’activité économique commence à reprendre après une année de vache maigre, le variant Delta se répand à grande vitesse dans le monde et constitue une réelle menace même pour les pays les plus développés. Qu’en est-il du Maroc ? Que doit-on faire pour endiguer la propagation du nouveau variant ? Réponses.
Depuis quelques semaines, la pandémie semble reculer dans plusieurs pays. Or, cette situation peut connaître des changements surtout avec la propagation du variant indien appelé Delta. Ce variant, connu par sa transmissibilité accrue, menace la stabilité de plusieurs pays comme est le cas de l’Australie qui a été contrainte d’instaurer un nouveau confinement afin d'en faire face. Un autre exemple plus parlant, ce variant présent en France est passé de 0.2% le 11 mai à 1% le 25 du même mois pour atteindre 10% cette semaine.
D’ailleurs, le centre européen de prévention et de contrôle des maladies a précisé que le variant Delta devrait représenter 90% des cas de la Covid-19 au sein de l’Union européenne d’ici la fin du mois d’août.
Quid du Maroc ?
La situation épidémiologique est plus stable au Maroc, toutefois les scientifiques appellent à plus de vigilance pour éviter la propagation dudit variant. L’épidémiologiste Jaafar Heikel appelle la tutelle à communiquer plus davantage et à informer les citoyens sur l'évolution de la situation épidémiologique et plus particulièrement du nombre des cas touchés par le variant indien. "Le ministère de la Santé a déclaré l’existence de 2 cas du variant Delta il y a 6 semaines et depuis nous n’avons eu aucune nouvelle et on ignore combien d’autres cas ont été enregistrés", précise le spécialiste. Il rappelle que le Royaume dispose d'un consortium des laboratoires qui sont agréés pour faire le séquençage et déceler l'existence de nouveaux variants.
SNRTnews a tenté de joindre les responsables de l’Institut national d’hygiène (INH) afin d’avoir plus de précisions sur le nombre des cas contaminés par le variant indien, nos sollicitations sont restées sans suite.
Le spécialiste Jaafar Heikel rappelle aussi l’importance de la sensibilisation et de l’information des citoyens. "En informant les Marocains sur le nombre de cas enregistrés du variant indien, on fait de l'éducation à la santé et on les encourage à mieux respecter les mesures barrières. Nous sommes en pleine campagne de vaccination et nous n’avons pas le droit à l’erreur. Nous devons maintenir les mesures barrières surtout face à ce variant qui se transmet plus rapidement".
Pour Pr Heikel avec la réouverture des frontières, le retour des MRE et des touristes, le Maroc risque de connaître une nouvelle vague épidémiologique. "J’insiste sur la sensibilisation des jeunes tout simplement parce qu’ils ne sont pas vaccinés. Ces jeunes vont rencontrer leurs amis, ils vont à la plage et vont faire la fête, donc le risque de contamination est plus important", alerte le spécialiste. Il demande aux autorités et aux citoyens de doubler d’efforts, de poursuivre la campagne de dépistage et de bien isoler les cas Covid-19 afin de protéger le pays d’une nouvelle vague.
Pour sa part, Said Afif, membre du Comité national technique de vaccination rappelle que le variant indien est 40% plus contagieux que le variant britannique. Le responsable appelle les citoyens à limiter les déplacements pendant la période estivale. "Les citoyens sont fatigués et souhaitent profiter de l’été pour voyager, se baigner et rencontrer les amis, mais il ne faut pas oublier que nous sommes face à une situation spéciale. Je rappelle que l’année dernière, la situation épidémiologique s’est compliquée après l’Aïd Lekbir et nous risquons de revivre le même scénario surtout avec la découverte du nouveau variant qui se propage plus vite", conclut le spécialiste.
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