Sport
De l’équipe nationale U23 au RC Strasbourg, les confidences d’Issame Charai
02/10/2024 - 18:06
Amine Oubaha
Après avoir quitté l’équipe nationale des U23, la carrière d’Issame Charai a pris une nouvelle direction. Bien qu’il n’ait pas continué l’aventure avec les jeunes olympiques, le cadre national de 42 ans est resté sous les projecteurs des grandes équipes en Europe, notamment celles qui misent sur la formation et les projets à long terme.
Dans cette interview accordée à SNRTnews, le natif d’Anvers raconte pour la première fois la suite de son parcours après son départ de l’équipe nationale des U23. Il a aussi parlé de Hamza Igamane et des équipes de la Botola Pro.
Coach adjoint de Liam Rosenior au RC Strasbourg, Issame Charai pourrait entamer une nouvelle aventure prochainement avec un autre club: "Je ferai une annonce dans les prochaines heures", a-t-il déclaré à SNRTnews.
Vous avez quitté l’équipe nationale des U23 à quelques mois des JO 2024 et rejoint le RC Strasbourg en tant que coach adjoint. Racontez-nous comment vous avez assuré cette transition.
Au début, j’ai été sollicité par Chelsea. C’est Laurence Stewart, le directeur sportif du club londonien qui m’a appelé. Ils cherchaient des formateurs de qualité pour former des jeunes. Il m’a donc contacté de la part de Sam Jewell, qui est Head of Recruitment du club londonien. Je suis parti à Londres où j’ai fait une présentation pour leur expliquer ma méthode de travail et ce que j’avais accompli avec l’équipe nationale des U23. Ils ont été impressionnés par mon profil et m’ont proposé de travailler avec eux.
Il faut souligner que Chelsea et Strasbourg ont le même propriétaire. Par la suite, ils m’ont proposé le poste d’adjoint de Patrick Vieira, qui était l’entraîneur du RC Strasbourg avant d’être limogé, juste après un match amical contre Fenerbhaçe. J’ai accepté ce poste et me suis engagé avec eux. Mon contrat inclut une clause qui me permet de partir gratuitement si je reçois une opportunité en tant qu’entraîneur principal en première division. Ils ont fait appel à mes services pour encadrer et faire progresser les jeunes talents
Par la suite, ils ont engagé Liam Rosenior, un jeune entraîneur vu comme une étoile montante du football anglais est venu pour démarrer une nouvelle aventure en Ligue 1 en France. J’ai accepté de l’aider à relever ce nouveau défi, tout en étant clair sur mes ambitions personnelles, que j’avais déjà discutées avec les dirigeants. Ça se passe très bien avec lui. Dimanche, nous avons battu l’Olympique de Marseille en Ligue 1 et je sens que notre travail commence à porter ses fruits.
Pensez-vous que l’Europe est une bonne destination pour les jeunes entraîneurs marocains?
En Europe, il y a une grande marge de progression, que ce soit pour les joueurs ou pour les formateurs. Personnellement, je ne peux pas regarder un match de jeunes où les joueurs se cherchent des excuses, mettent la pression sur l’arbitre et essaient de trouver des solutions extra-sportives pour gagner.
Au contraire, un jeune joueur doit être formé de manière positive. Il doit apprendre à trouver des solutions purement footballistiques. Les formateurs doivent aussi être formés, car le football est en constante évolution. J’ai commencé ma carrière en 2011 et je suis toujours en quête d’apprentissage. Je ne peux pas m’arrêter d’apprendre. Je conseille donc aux jeunes entraîneurs ou footballeurs marocains de faire des choix de carrière qui les aideront à évoluer.
Est-il vrai que vous avez été sollicité par des clubs de la Botola Pro?
J’ai été contacté par plusieurs clubs de la Botola Pro, notamment le FUS de Rabat. J’étais en négociation avec les dirigeants du FUS, mais nous n’avons pas trouvé d’accord. Personnellement, ce qui m’intéresse, c’est le projet. Je ne négocie pas les chiffres, je me concentre d’abord sur le projet sportif et ses objectifs réalistes.
Dans des clubs comme le Raja ou le Wydad, le résultat prime sur tout. La pression est énorme. Au Raja, ils veulent à la fois la victoire et le spectacle. Au Wydad, cette saison, je pense qu’ils ont un bon entraîneur en la personne de Rulani Mokwena. J’apprécie ses idées et sa manière de travailler. Mais en plus de ce travail, il doit gagner des matchs. Le plus important, c’est qu’il est soutenu par le président, ce qui est un atout pour lui. Je connais très bien la mentalité des clubs au Maroc, mais je n’ai jamais refusé l’idée de rejoindre la Botola Pro.
Hamza Igamane est un joueur que vous connaissez très bien. Cet été, il s’est engagé avec les Glasgow Rangers. Que pensez-vous de ce transfert?
Les joueurs de la Botola Pro sont talentueux, mais ils doivent faire preuve d’un peu plus de discipline et de régularité. Mais ça n’empêche de dire qu’il y a des joueurs qui réalisent de bonnes performances. Hamza Igamane, qui s’est engagé cet été avec les Glasgow Rangers, en est un parfait exemple.
L’entraîneur du club écossais m’a appelé pour obtenir des informations sur le joueur. Il m’a consulté avant de prendre sa décision. Je connais très bien Igamane, c’est un joueur talentueux, un vrai buteur. Il est très fort dans la surface, capable de marquer du pied droit comme du pied gauche. Je lui ai rédigé un rapport détaillé et signé une lettre de recommandation, dans laquelle j’ai souligné que le joueur a toutes les capacités pour jouer en Europe. Je pense que tous les joueurs de la Botola sont capables de jouer à haut niveau, à condition qu’ils aient la discipline et la volonté d’aller de l’avant.
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