Technologie
DeepSeek: la start-up chinoise qui redéfinit l’intelligence artificielle
28/01/2025 - 15:06
Mohammed Fizazi
La start-up chinoise DeepSeek a récemment fait sensation en dévoilant un modèle de robot conversationnel performant, économique et innovant. Basée à Hangzhou, cette entreprise bouleverse les équilibres du secteur de l’intelligence artificielle, provoquant une chute spectaculaire des marchés financiers, notamment dans le domaine des semi-conducteurs.
Basée à Hangzhou, surnommée la "Silicon Valley chinoise", DeepSeek a surpris le monde en lançant son robot conversationnel R1. Ce modèle rivalise avec les leaders du secteur, comme OpenAI ou Google, mais à des coûts bien inférieurs.
Basée à Hangzhou, surnommée la "Silicon Valley chinoise", DeepSeek a surpris le monde en lançant son robot conversationnel R1. Ce modèle rivalise avec les leaders du secteur, comme OpenAI ou Google, mais à des coûts bien inférieurs. L’impact de cette innovation ne s’est pas limité au domaine technologique. Lundi, les actions de Nvidia, géant américain des semi-conducteurs, ont chuté de 590 milliards de dollars en une seule journée. Les investisseurs, prenant conscience de l’efficacité et des coûts réduits des solutions développées par DeepSeek, ont remis en question les sommes massives investies jusqu’ici par les acteurs occidentaux.
Fondée par Liang Wengfeng, un ingénieur et financier chinois, DeepSeek s’est démarquée en contournant les sanctions américaines sur les puces de pointe, nécessaires pour entraîner les modèles d’IA. Liang, décrit comme un "geek" au talent exceptionnel, a d’abord utilisé l’IA pour révolutionner la finance avant de se tourner vers l’intelligence artificielle générative.
La percée de DeepSeek a été qualifiée de "signal d’alarme" par les observateurs américains, certains y voyant un "moment Spoutnik" pour la Silicon Valley. L’ancien président Donald Trump a déjà annoncé un projet d’investissement massif de 500 milliards de dollars dans l’IA pour contrer cette avancée chinoise.
Malgré les tensions géopolitiques, Liang Wengfeng affirme vouloir se concentrer sur le potentiel de l’IA pour mieux comprendre l’esprit humain. "L’essence de l’intelligence humaine pourrait être le langage", avait-t-il déclaré à la presse, soulignant que son travail s’inspire des processus linguistiques du cerveau.
"Pas de formule magique"
Selon Mohamed Charif Djebli, expert en informatique, la particularité du modèle de DeepSeek réside dans son caractère open source et dans son utilisation d’une architecture MoE (Mixture of Experts). Cette méthode permet de mobiliser uniquement une petite partie du réseau neuronal pour effectuer une tâche spécifique. "Le modèle de DeepSeek, qui contient environ 650 milliards de paramètres, n’en utilise que 35 milliards à la fois. C’est une approche qui s’inspire du fonctionnement du cerveau humain", explique-t-il, dans une déclaration à SNRTnews.
L’expert souligne également que les coûts de génération d’un token (unité de réponse produite par le modèle) sont nettement inférieurs à ceux des autres fournisseurs, comme OpenAI. Cette efficacité a poussé les investisseurs à revoir leurs positions sur le marché. "Si l’on observe les valeurs boursières des entreprises qui fournissent le matériel pour entraîner ou héberger ce genre de modèle, elles sont en chute libre. Les investisseurs ont compris qu’il ne faut pas forcément dépenser des sommes astronomiques pour développer un modèle performant. DeepSeek a pris le monde à revers et impose ses propres règles dans le secteur de l’IA", précise Mohamed Charif Djebli.
Il ajoute que les optimisations mises en place par DeepSeek ont également permis de réduire considérablement les coûts d’entraînement du modèle. "Il n’y a pas de miracle ou de percée technique révolutionnaire ici, mais plutôt des choix stratégiques et une exécution intelligente,", ajoute-t-il.
L’expert écarte l’idée d’un engouement passager, affirmant que la Chine s’est fermement positionnée parmi les leaders mondiaux de l’intelligence artificielle, et ce, malgré les sanctions américaines qui visent à limiter l’accès aux équipements nécessaires, comme les GPU (unités de traitement graphique). "En intelligence artificielle, il n’y a pas de formule magique. Ce qui compte, c’est l’investissement et les compétences. Les États-Unis, notamment, ne se laisseront pas faire. Donald Trump a d’ailleurs annoncé un projet colossal de 500 milliards de dollars à investir dans l’IA sur les cinq prochaines années". Conclut-il.
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