Monde
Détroit d'Ormuz: La CNUCED met en garde contre des effets économiques durables pour les pays vulnérables
30/06/2026 - 17:29
MAP
La réouverture du détroit d'Ormuz devrait apporter un répit au commerce mondial et aux marchés de l'énergie, mais ses effets positifs ne suffiront pas à effacer les conséquences économiques de plus de 100 jours de perturbations, avertit mardi ONU Commerce et Développement (CNUCED).
Dans une nouvelle analyse, l'Organisation onusienne souligne que si les marchés pétroliers pourraient connaître une stabilité relativement rapide avec la reprise progressive de la navigation à travers ce corridor énergétique stratégique, les systèmes alimentaires, les chaînes logistiques et les finances publiques mettront davantage de temps à se redresser, prolongeant ainsi les difficultés pour de nombreuses économies vulnérables.
Selon la CNUCED, 61 pays, dont 35 pays les moins avancés et 26 petits États insulaires en développement, demeurent particulièrement exposés à une double vulnérabilité liée aux importations de pétrole et de céréales.
Elle relève que la hausse des coûts de l'énergie se répercute sur les prix des engrais, des intrants agricoles et des transports, alimentant une inflation persistante des prix alimentaires même après un recul des cours internationaux. Cette situation pèse particulièrement sur les ménages les plus modestes, pour lesquels les dépenses en alimentation, carburant et transport représentent une part importante du revenu, avec des conséquences sociales importantes, notamment un risque accru de malnutrition infantile.
La CNUCED cite notamment le Cabo Verde, où les importations nettes de pétrole représentent près du quart du PIB, ainsi que le Yémen, fortement dépendant des importations de céréales, comme exemples de pays particulièrement vulnérables aux chocs simultanés sur l'énergie et l'alimentation.
L'Organisation estime que la réouverture du détroit constitue une condition nécessaire à la reprise, mais qu'elle ne suffira pas à dissiper les effets des retards logistiques, de l'augmentation des coûts d'importation et de la flambée des prix.
Elle souligne que le poids du service de la dette, les risques de change, le recul des transferts de fonds et la diminution de l'aide internationale limitent les capacités de nombreux gouvernements à soutenir les ménages et les entreprises.
La CNUCED appelle ainsi à un appui international renforcé afin d'aider les économies vulnérables à absorber ces chocs, à protéger les populations contre la hausse des prix de l'alimentation et de l'énergie et à investir dans des systèmes plus résilients face aux futures perturbations du commerce mondial.
Articles en relations
Monde
Monde
Monde
Monde