Politique
Dialogue social: Akhannouch passe en revue les acquis et les attentes
17/04/2026 - 20:03
SNRTnews
Le gouvernement a lancé une nouvelle session du dialogue social au titre du mois d’avril 2026, réunissant les centrales syndicales les plus représentatives, l’Union générale des entreprises du Maroc (CGEM) ainsi que la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural. Ces réunions, présidées par le chef du gouvernement, s’inscrivent dans le cadre de l’institutionnalisation du dialogue social, conformément à la Charte nationale et dans le sillage des Hautes Directives Royales.
Cette nouvelle séquence a été l’occasion de dresser le bilan des avancées réalisées et de faire le point sur les engagements des différents partenaires. Elle intervient dans un contexte marqué par des résultats jugés significatifs, fruit de la mobilisation conjointe des acteurs concernés et de leur implication dans la mise en œuvre des accords sociaux. Selon le gouvernement, ces efforts ont permis d’améliorer les revenus des travailleurs, de renforcer leur pouvoir d’achat et de consolider leur protection sociale.
À cette occasion, le chef du gouvernement a présenté un état des lieux détaillé des réalisations enregistrées tout au long du mandat. Dans le secteur public, une augmentation générale des salaires de 1.000 dirhams nets mensuels, versée en deux tranches, a été accordée aux fonctionnaires des administrations publiques, des collectivités territoriales et des établissements publics. À cela s’ajoutent la revalorisation des allocations familiales, l’amélioration des perspectives de promotion ainsi que la hausse du salaire minimum dans ce secteur. L’ensemble de ces mesures représente un coût annuel dépassant 14,8 milliards de dirhams.
Parallèlement, le dialogue social sectoriel a permis la mise en œuvre de mesures spécifiques au profit de plusieurs départements. Le secteur de l’Éducation nationale a ainsi bénéficié d’un effort financier de plus de 18,47 milliards de dirhams, tandis que celui de la Santé a mobilisé près de 4 milliards de dirhams par an. L’Enseignement supérieur, pour sa part, a fait l’objet de mesures évaluées à 2 milliards de dirhams annuels.
Ces dispositifs ont contribué à une hausse notable du salaire moyen net dans la fonction publique, passé de 8.237 dirhams en 2021 à 10.600 dirhams en 2025, soit une progression d’environ 29 %. Le salaire minimum net mensuel a également été relevé, passant de 3.258 à 4.500 dirhams. Au total, le coût global annuel des mesures en faveur du secteur public, y compris celles liées à la révision de l’impôt sur le revenu, devrait atteindre près de 48,3 milliards de dirhams en 2026, pour s’établir à 49,7 milliards en 2027.
Dans le secteur privé, le Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) dans les activités non agricoles a été relevé de 20 %, portant le salaire net mensuel de 2.828,71 dirhams avant 2021 à 3.422,72 dirhams à compter du 1er janvier 2026, soit une hausse de 594,01 dirhams. Le Salaire minimum agricole garanti (SMAG) a, quant à lui, enregistré une augmentation de 25 %, passant de 1.994,2 dirhams à 2.533,44 dirhams à partir du 1er avril 2026.
Sur le volet de la protection sociale, une avancée majeure concerne l’accès à la pension de vieillesse. Désormais, les assurés justifiant de 1.320 jours de cotisation peuvent en bénéficier, suite à l’abaissement du seuil requis de 3.240 à 1.320 jours, avec effet rétroactif pour les départs à la retraite intervenus depuis le 1er janvier 2023. Par ailleurs, les assurés n’atteignant pas ce seuil, ou leurs ayants droit en cas de décès, peuvent récupérer à la fois les cotisations salariales et la part patronale.
La révision de l’impôt sur le revenu a également été mise en œuvre au profit des salariés des secteurs public et privé, pour un coût supérieur à 7,6 milliards de dirhams. Cette mesure a permis une amélioration des revenus de plus de 400 dirhams pour différentes catégories. Le gouvernement entend poursuivre les discussions avec les partenaires sociaux autour de cette réforme.
Face aux revendications exprimées, l’Exécutif a réaffirmé sa volonté de poursuivre la mise en œuvre des engagements issus des accords sociaux et d’ouvrir de nouvelles discussions sur les dossiers en cours. Il s’est notamment engagé à accélérer le traitement des questions soulevées par certaines catégories professionnelles, telles que les ingénieurs, les administrateurs et les techniciens, en vue d’améliorer leurs conditions de travail avant la fin du mandat.
Par ailleurs, un amendement de la loi n° 65-99 relative au Code du travail a été acté afin de réduire la durée quotidienne de travail des agents de gardiennage de 12 à 8 heures. Cette mesure, qui concerne les salariés liés à des entreprises soumises à la loi n° 27-06 relative aux activités de gardiennage et de transfert de fonds, devrait entrer en vigueur en 2027.
S’agissant de la réforme des régimes de retraite, la Commission nationale dédiée a tenu une réunion, conformément à l’accord du 29 avril 2024, pour définir les grandes orientations de cette réforme. Une commission technique a, de son côté, engagé des travaux portant sur la méthodologie et le diagnostic financier des différents régimes.
Le gouvernement a également annoncé l’ouverture d’un débat approfondi concernant les retraités percevant des pensions inférieures au salaire minimum. En parallèle, une nouvelle structure sera mise en place pour encadrer la formation professionnelle continue dans le secteur privé, avec pour objectif d’en améliorer la gouvernance.
Enfin, les autorités soulignent que la réussite de l’institutionnalisation du dialogue social repose sur la régularité des concertations sectorielles. L’ensemble des départements gouvernementaux est ainsi appelé à poursuivre les échanges avec les partenaires sociaux et économiques, afin d’aboutir à des solutions concrètes répondant aux attentes des travailleurs.
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