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Du Japon à la Botola Pro: Jindo Morishita se confie à SNRTnews
24/02/2026 - 17:42
Amine Oubaha
Premier joueur japonais à évoluer en Botola Pro, Jindo Morishita s’est confié à SNRTnews sur son choix de poursuivre son aventure au Maroc avec le Racing Athletic Club, son immersion dans la culture marocaine et son expérience du Ramadan aux côtés de ses coéquipiers.
1- Vous venez de signer au Racing Athletic Club. Qu’est-ce qui vous a convaincu de poursuivre votre aventure au Maroc ?
Tout d’abord, le Maroc n’est plus seulement un pays où je joue, il est devenu une partie de mon histoire. Après ma première saison ici, j’ai senti que ma mission au Maroc n’était pas terminée. Je ne suis pas venu seulement pour jouer au football, mais pour me challenger dans un championnat compétitif et construire un pont entre le Japon et l’Afrique.
Le Racing Athletic Club est l’un des clubs historiques du Maroc, et j’ai senti que cet environnement, avec sa tradition et son ambition, était l’endroit idéal pour ma prochaine étape. Je crois aux projets à long terme. Et je crois toujours que le Maroc est la bonne scène pour grandir, en tant que joueur et en tant que personne.
2- Après une première saison avec le Stade Marocain, qu’avez-vous appris sur le football marocain ?
J’ai appris que le football marocain est très tactique et très intelligent. Avant de venir ici, j’avais joué en Zambie et au Ghana. Comparé à ces championnats, le Maroc possède une structure tactique plus forte et une plus grande discipline dans le positionnement. En même temps, il y a une qualité technique incroyable et énormément de passion.
J’ai aussi appris que chaque match est chargé d’émotion. Les supporters vivent le football intensément. Pour réussir ici, il faut non seulement de la force physique, mais aussi une grande résilience mentale.
3- Vous avez appris la Darija et découvert les traditions marocaines. Comment s’est passée votre adaptation à la vie au Maroc ?
Au début, ce n’était pas facile. Nouvelle langue, nouvelle culture, nouveau rythme de vie. Mais je crois que le respect passe avant tout. J’ai donc essayé d’apprendre la darija, de comprendre les coutumes locales, de manger marocain et de passer du temps avec mes coéquipiers en dehors du football. Quand les gens voient que vous faites des efforts, ils ouvrent leur cœur.
Aujourd’hui, le Maroc m’est familier. J’ai des amis marocains, des liens avec la communauté japonaise et de solides relations au sein du club. L’adaptation ne consiste pas à changer qui vous êtes mais à élargir ce que vous êtes.
4- Qu’est-ce qui vous a le plus surpris en arrivant au Maroc ?
Honnêtement, deux choses m’ont surpris. D’abord, la chaleur humaine. Je m’attendais à la passion dans le football, mais pas à une telle hospitalité dans la vie quotidienne.
Ensuite, le niveau international du football marocain. Après la Coupe du monde 2022, j’ai compris que le Maroc n’est pas seulement fort en Afrique, il est compétitif à l’échelle mondiale. On ressent cette ambition partout, de la fédération aux jeunes joueurs.
5- Vous vivez le Ramadan au Maroc. Comment se déroule cette période pour vous en tant que joueur professionnel ?
Le Ramadan est une période spéciale. Même pour quelqu’un qui n’est pas musulman, on ressent l’atmosphère, la discipline, la patience, l’unité.
En tant que joueur professionnel, j’adapte ma routine. Les horaires d’entraînement changent, la gestion de l’énergie devient essentielle et il faut respecter les coéquipiers qui jeûnent. Cela enseigne l’empathie et la force mentale.
Pour moi, le Ramadan ne concerne pas seulement la nourriture ou l’organisation, il s’agit de comprendre la dimension spirituelle de la société marocaine.
6- Quels plats marocains appréciez-vous particulièrement pendant le Ramadan ?
J’aime beaucoup la "Harira" (Soupe traditionnelle marocaine) au moment de l’"Iftar" surtout après une longue journée, elle est réconfortante.
La "Chebakia" est aussi une découverte pour moi, et bien sûr les dattes et les jus frais sont indispensables. Et j’adore le Tajine en général chaque région a son propre style. La nourriture, c’est la culture. À travers la cuisine marocaine, je me sens plus proche des gens ici.
7- Le Maroc prépare la Coupe du monde 2026 avec beaucoup d’ambition. Comment voyez-vous l’évolution du football marocain sur la scène internationale ?
Le Maroc ne se prépare pas seulement à accueillir, il se prépare à diriger. Après la demi-finale de 2022, le football marocain a gagné le respect du monde entier. Les investissements dans les infrastructures, la formation des jeunes et les partenariats internationaux montrent une vision claire.
De mon point de vue de joueur japonais évoluant ici, je vois un pays qui croit en lui-même. Et cette confiance est puissante. J’espère, à ma manière, contribuer à cette évolution, en jouant au plus haut niveau et en renforçant le lien entre le Maroc et le Japon à travers le football.
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