Société
Éclairages illégaux: Un danger croissant qui menace la sécurité routière
03/04/2026 - 10:34
Morad Karakhi
Les routes marocaines connaissent une augmentation notable de l’utilisation d’éclairages non conformes, aussi bien sur les voitures que sur les motos. Ce comportement suscite une inquiétude grandissante chez les usagers de la route et les professionnels, certaines véhicules étant devenus une véritable source de nuisance et de danger, notamment lors de la conduite nocturne.
La législation en vigueur au Maroc impose le respect des normes techniques relatives aux véhicules, notamment en ce qui concerne le type, l’intensité et la couleur des éclairages. Toute modification du système d’éclairage sans autorisation est interdite, en raison de son impact direct sur la sécurité routière. Toutefois, la facilité d’accès à ces équipements a favorisé leur prolifération.
Une propagation rapide et un réel danger
Ilias Selib, président de l’Observatoire national de la sécurité routière, a affirmé que la propagation des lampes LED ou Xenon installées de manière illégale constitue "un problème grave", en raison de l’éblouissement qu’elles provoquent chez les conducteurs.
Dans une déclaration à SNRTnews, il explique que ces éclairages, lorsqu’ils ne sont pas intégrés selon les normes techniques des constructeurs, diffusent la lumière de manière anarchique, ce qui peut aveugler les conducteurs venant en sens inverse pendant plusieurs secondes, un laps de temps suffisant pour provoquer des accidents graves, notamment à grande vitesse.
Il souligne également que certains conducteurs installent ces dispositifs de manière aléatoire, sans tenir compte de leur compatibilité avec la structure technique du véhicule, alors que les systèmes d’éclairage d’origine sont conçus pour orienter la lumière avec précision sans gêner les autres usagers.
La facilité d’acquisition et le faible coût de ces lampes expliquent aussi leur diffusion, dans un contexte marqué par un manque de sensibilisation aux risques et aux sanctions. L’utilisation de ces équipements est considérée comme une modification du véhicule et constitue une infraction pouvant être classée au troisième degré.
Il appelle ainsi les conducteurs à respecter les normes techniques et à éviter toute modification illégale, afin de garantir leur sécurité et celle des autres usagers, tout en insistant sur la nécessité de renforcer les contrôles et de refuser ces équipements lors des visites techniques.
Quelles normes pour l’éclairage des véhicules et motos ?
L’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA) indique que les systèmes d’éclairage des véhicules et des motos au Maroc sont soumis à un cadre légal et technique strict lors de leur homologation, afin de garantir la sécurité et d’éviter l’éblouissement des usagers.
La loi n° 52.05 relative au Code de la route, notamment ses articles 47, 48 et 49, impose que les dispositifs d’éclairage et de signalisation soient fabriqués et installés selon des normes précises définies par des textes réglementaires, et qu’ils respectent les exigences de sécurité, vérifiées lors du processus d’homologation.
Le décret n° 2.10.421, notamment son article 35, précise que les véhicules ne doivent être équipés que des dispositifs d’éclairage et de signalisation prévus par la loi, installés conformément aux normes techniques.
Par ailleurs, l’article 51 de la loi 52.05 stipule que toute modification des caractéristiques techniques d’un véhicule après homologation nécessite une nouvelle homologation. Le changement du nombre ou de la position des feux est considéré comme une modification importante, selon l’article 97 du décret.
Les règles techniques relatives à l’éclairage, y compris pour les motos, sont fixées par des textes réglementaires détaillant les conditions de fabrication, d’installation et d’utilisation.
Parmi les principales exigences figurent: l’obligation d’équiper les véhicules de feux avant et arrière, de feux stop, d’indicateurs de direction et de feux de position, le respect des couleurs et de l’intensité lumineuse pour éviter l’éblouissement, l’interdiction de modifier le nombre ou la position des feux définis par le constructeur et la prohibition des éclairages non autorisés.
Comment la NARSA lutte-t-elle contre les éclairages illégaux ?
L’Agence nationale de la sécurité routière mène des campagnes de sensibilisation pour alerter les usagers sur les dangers des éclairages puissants et non conformes, qui nuisent à la visibilité sur la route.
Ces campagnes insistent sur le fait que l’utilisation d’éclairages non homologués constitue un facteur de risque majeur, pouvant entraîner des accidents en réduisant la capacité de perception des conducteurs.
La NARSA appelle également au respect de la sécurité collective et à l’entretien régulier des véhicules, en mettant l’accent sur le contrôle technique des systèmes d’éclairage afin de détecter rapidement toute anomalie.
En parallèle, l’agence agit pour lutter contre les modifications techniques non conformes, notamment les éclairages illégaux, en renforçant les contrôles techniques et en refusant les véhicules non conformes. Elle intensifie aussi les contrôles sur le terrain en coordination avec les services de la sûreté nationale et de la gendarmerie royale, avec des sanctions à l’encontre des contrevenants.
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