Politique
El Abbadi: le plan de réforme adopté par le gouvernement manque de profondeur
18/04/2022 - 22:00
Imane BenichouLors de la séance plénière mensuelle des questions de politiques générales tenue ce lundi à la Chambre des représentants, Ahmed El Abbadi, membre du groupe parlementaire du PPS a commenté les actions gouvernementales face à la flambée des prix des matières premières et du carburant.
Ahmed El Abbadi, membre du groupe parlementaire du progrès et du socialisme a souligné lundi 18 avril que "l’opposition démocratique nationale" ne conteste pas "le fait que la situation internationale est volatile et turbulente, que le rythme de récupération des effets de la pandémie est lent, que le conflit russo-ukrainien a eu un impact négatif sur les prix des matières premières et de l'énergie et que le retard de la pluie a aggravé les choses".
Le groupe parlementaire du Parti du progrès et du socialisme (PPS) souligne toutefois que le débat porte sur le fait que "la raison d'être de tout gouvernement est de prendre la responsabilité des difficultés, pas de se plaindre ou de se transformer en une agence de presse pour mauvaises nouvelles".
"La différence entre vous et nous est fondamentale", a-t-il lancé. El Abbadi a souligné que si le gouvernement se cache derrière les circonstances objectives, le PPS croit qu’il peut, voire qu'il est de son devoir "d'intervenir par un plan économique clair et des mesures qui ont un impact tangible sur toutes les tranches, et non pas sur une seule catégorie ou un seul secteur".
Le président du groupe parlementaire du PPS a en outre affirmé qu’"il n'est pas acceptable que le gouvernement vienne exprimer sa satisfaction, son réconfort et sa joie de la disponibilité des marchandises, sans se soucier de leur coût", face à "la souffrance des Marocains, à l'étouffement des entreprises et à la flambée des prix".
El Abbadi a alors précisé que les actions gouvernementales restent isolées les unes des autres, ne sont pas à la hauteur des difficultés de la phase et manquent également de "cohérence, d’inclusion et d'une vision basée sur un plan de réforme en profondeur". Il s’agit de "mesures timides et catégorielle, sectorielles ou limitées, sans impact sur les catégories les plus larges de la société".
"Le gouvernement n'est-il pas censé prendre ses distances des conflits d'intérêts? Et d'avoir la volonté politique de relancer l'entreprise «La Samir» ? A l'heure où notre stock de gasoil, par exemple, ne dépasse pas 26 jours", s’est-il demandé.
El Abbadi s’est ensuite lancée dans une série de questions rhétoriques. "Ne valait-il pas la peine que le gouvernement baisse temporairement les taxes sur la consommation de carburant et d'imposer une réduction de marges de gains exorbitants aux sociétés pétrolières qui accumulent des milliards de dirhams sans esprit de solidarité et de citoyenneté et sans d’être contrôlés par les règles de la concurrence et de la transparence ? (…) Pourquoi votre gouvernement n'a-t-il pas donné effet à l'article 4 de la loi sur la liberté des prix et de la concurrence, qui permet au gouvernement de prendre des mesures temporaires contre la flambée des prix due à des circonstances exceptionnelles?".
Articles en relations
Politique
Economie
Politique
Politique