Société
Exigences parentales: le revers des emplois du temps surchargés
13/03/2026 - 10:16
Malak Zougagh
Les enfants, bien que pleins d’énergie, peuvent, dans une certaine mesure, se plaindre de fatigue persistante, de maux de tête ou de maux de ventre.
Ces manifestations physiques, accompagnées d’une irritabilité, de troubles du sommeil et d’une anxiété liée à l’école, sont des signaux d’une surcharge scolaire.
Certes, la figure parentale cherche à voir son enfant dans la meilleure représentation qui soit, sauf que ces exigences, se traduisant par un excès d’activités parascolaires et un emploi du temps condensé, pèsent sur la santé mentale de l’enfant.
Le psychologue Sami Chakour éclaire SNRTnews sur le sujet: “Un emploi du temps trop rempli, surtout lorsqu’il est centré sur des activités scolaires ou de performance, peut limiter l’accès de l’enfant à des expériences importantes comme le jeu libre, la créativité ou les interactions sociales spontanées. Ces moments contribuent au développement émotionnel et social.”
Ainsi, "cette dépendance à un emploi du temps structuré retire à l’enfant sa capacité d’autorégulation, "c’est-à-dire apprendre progressivement à gérer son temps, son énergie et ses émotions”, explique le psychologue.
Sur le long terme, des séquelles psychologiques apparaissent. La pression scolaire constante peut amener certains enfants à lier leur valeur personnelle à leurs performances. Sami Chakour ajoute que “lorsque les résultats ne correspondent pas aux attentes, cela peut fragiliser l’estime de soi et induire une anxiété de performance durable”.
Ainsi, la réussite scolaire se transforme en une condition de reconnaissance au sein de la famille. Chose qui favorise l’anxiété de performance, le perfectionnisme ou, à la limite, la peur de l’échec.
Néanmoins, cette recherche constante de réussite et d’excellence se base sur des fondements erronés. Étant donné que l’apprentissage de l’enfant est non linéaire. "L’anxiété des parents peut les pousser à fixer des attentes très précises, surtout lorsqu’ils investissent du temps ou des ressources dans des cours de soutien. Pourtant, l’apprentissage progresse souvent par essais, erreurs et périodes de stagnation. Lorsque les efforts de l’enfant ne sont pas reconnus ou que l’équilibre entre effort et reconnaissance semble injuste, la stimulation peut se transformer en pression, avec fatigue, anxiété de performance ou démotivation”, explique-t-il.
Et à l’encontre de ce que pourraient croire les parents exigeants, le jeu libre stimule l’imagination, la créativité et les compétences sociales, tandis que les moments d’ennui permettent à l’enfant d’apprendre à s’occuper par lui-même et à développer son autonomie. Ces temps non structurés participent aussi à la régulation émotionnelle et à la créativité.
L’équilibre entre la réussite scolaire et la préservation du bien-être de l’enfant peut facilement se réaliser, il suffit d’avoir "des attentes réalistes, la valorisation de l’effort et le respect du rythme de l’enfant". Il est aussi important de préserver du temps pour le repos, le jeu et la vie familiale, car le bien-être psychologique soutient la réussite sur le long terme, conclut le psychologue.