Société
Le cyberharcèlement des enfants progresse dans le monde, amplifié par l'IA, selon Najat Maalla M’jid
11/03/2026 - 12:15
MAP
Le cyberharcèlement visant les enfants connaît une expansion mondiale et se transforme sous l’effet des nouvelles technologies, notamment de l'intelligence artificielle (IA), a affirmé la Représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU chargée de la violence à l’encontre des enfants, la Marocaine Najat Maalla M’jid.
S’exprimant mardi à Genève devant le Conseil des droits de l’Homme, Mme M’jid a indiqué que l’essor de l’intelligence artificielle accélère encore ces dérives en ligne et renforce les passerelles entre cyberintimidation et formes de violence criminelle.
Selon diverses études, entre 15% et 20% des enfants dans le monde seraient victimes de cyberintimidation, un chiffre probablement inférieur à la réalité.
D’après un sondage mené par le bureau de la responsable onusienne auprès de plus de 30.000 enfants dans toutes les régions du globe, 66% estiment que le phénomène s’est aggravé ces dernières années et près d’un enfant sur deux ne sait pas comment signaler un cas ni où trouver de l’aide.
Une enquête mondiale publiée en 2025 par Microsoft indique par ailleurs que 21 % des enfants ont été victimes de cyberharcèlement au cours de l’année écoulée et que 37% considèrent ce risque comme leur principale préoccupation en matière de sécurité en ligne.
Les enfants perçus comme "différents" ou marginalisés figurent parmi les plus exposés, souvent pris pour cible en raison de leur apparence physique, de leur origine ethnique, de leur sexe, de leur handicap, de leur religion, de leur orientation sexuelle, de leur état de santé ou de leur situation socioéconomique.
L’essor de l’intelligence artificielle générative accentue ces dérives, en rendant les attaques plus rapides, plus ciblées et plus difficiles à détecter, tout en facilitant leur diffusion sur plusieurs plateformes.
Des technologies comme les hypertrucages (deepfakes), les outils de "déshabillage" numérique ou encore le clonage vocal sont de plus en plus détournées pour humilier, manipuler ou exercer des pressions sur les enfants. La responsable onusienne souligne également que ces derniers font souvent trop confiance aux outils d’IA et peuvent ignorer s’ils interagissent avec une personne réelle, ce qui les rend particulièrement vulnérables à la manipulation et à la désinformation.
Les victimes hésitent par ailleurs à signaler les abus, par crainte de la stigmatisation, du rejet de leurs pairs ou du jugement des adultes. Les conséquences peuvent être graves, allant d’une forte détresse psychologique à la destruction rapide et durable de la réputation d’un enfant, parfois en quelques secondes seulement, avec dans les cas les plus extrêmes un risque de suicide.
Face à cette menace croissante, plusieurs initiatives sont en cours au niveau international, notamment l’élaboration de cadres juridiques et de stratégies de protection des enfants en ligne, le renforcement de l’éducation numérique et le développement d’outils utilisant l’intelligence artificielle pour détecter et limiter la diffusion de contenus nuisibles.
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