Société
Farine: l’ONSSA dévoile les résultats de ses contrôles et réagit à la polémique
29/10/2025 - 20:03
Youness Oubaali | Khaoula Benhaddou
Alors qu’une polémique enfle autour de la qualité de la farine subventionnée, l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) a publié de nouvelles données sur ses opérations de contrôle. Bilan à la clé : des saisies, des retraits d'autorisations et des inspections renforcées dans les minoteries du Royaume.
Selon les chiffres communiqués à SNRT News, les services de l’ONSSA ont procédé, jusqu’à septembre 2025, à la saisie et à la destruction de 33 tonnes de farine impropre à la consommation. Pas moins de 577 échantillons ont été prélevés dans les minoteries et les points de vente, tandis que 60 dossiers ont été transmis aux autorités compétentes pour poursuites.
Ce n’est pas tout, pour l’année en cours, l’ONSSA a également procédé au retrait de 9 autorisations sanitaires et à la suspension de 4 autorisations concernant certaines minoteries non conformes aux normes sanitaires en vigueur.
Quant à l’année 2024, après le prélèvement de 710 échantillons de farine au niveau des minoteries, des marchés et des points de vente, 38 tonnes ont été saisies et détruites, et 89 dossiers ont été transmis aux services compétents pour suite à donner.
L’ONSSA précise qu’à ce jour un total de 191 autorisations sanitaires ont été délivrées aux minoteries, après vérification de leur conformité aux normes d’hygiène, de sécurité sanitaire, aux étapes de production et à l’étiquetage. L’Office affirme avoir effectué 212 visites d’inspection entre 2024 et 2025.
Un dispositif de contrôle permanent
Ces mesures s’inscrivent dans le cadre du programme annuel de surveillance et de contrôle des minoteries mis en place par l’ONSSA, qui prévoit des inspections régulières et des analyses systématiques de la farine commercialisée.
Ce programme inclue également le prélèvement d’échantillons de différentes catégories de farine pour analyse et vérification de leur sécurité sanitaire.
Ces tests portent sur la présence éventuelle de contaminants tels que les aflatoxines, l’ochratoxine A ou la zéaralénone, mais aussi sur la conformité nutritionnelle du produit (taux de minéraux, protéines, humidité, acidité…).
Des propos qui créent la zizanie
Cette mise au point de l’ONSSA intervient après les déclarations controversées d’Ahmed Touizi, président du groupe parlementaire du Rassemblement National des Indépendants (RNI), qui a dénoncé, mardi 28 octobre, lors d’une séance à la Chambre des représentants, un manque de contrôle dans le secteur.
Le parlementaire a déclaré que "la farine censée profiter aux pauvres n’était pas comestible". il a également pointé du doigt certaines entreprises qui "ne font que broyer du papier" tout en exploitant un soutien public pouvant atteindre 16 milliards de dirhams, sans réelle surveillance de leurs activités. Il a appelé le gouvernement à prendre des mesures dissuasives strictes.
Face à la polémique suscitée par ses propos, Touizi a précisé sur sa page Facebook que l’expression était métaphorique et ne signifiait pas littéralement que du papier était mélangé à la farine. Il dit avoir voulu pointer du doigt une forme de fraude documentaire dans la gestion des aides publiques, et non une falsification matérielle des produits.
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