Art & Culture
Fès célèbre le souffle des "Renaissances" lors de l’ouverture de la 28e édition de son Festival de la musique sacrée
17/05/2025 - 08:24
Khawla Znaizini | Mohammed ChafiLa 28e édition du Festival de Fès des musiques sacrées du monde s’est ouverte, vendredi 16 mai 2025, sous le signe évocateur des "Renaissances ", dans une atmosphère empreinte de spiritualité et de beauté
Cette nouvelle édition a été inaugurée en présence de Son Altesse Royale la Princesse Lalla Hasnaa, dont la participation au spectacle d’ouverture sur la scène emblématique de Bab Al Makina a marqué un moment symbolique fort, témoignant de l'attachement royal constant à ce rendez-vous culturel de renom.
Le spectacle inaugural, véritable fresque musicale et visuelle, a transporté le public dans un voyage à travers les continents et les traditions. À travers chants, danses, lumières et projections artistiques, la scène de Bab Al Makina s’est transformée en un théâtre à ciel ouvert, célébrant l’universalité de l’expérience humaine et la diversité des expressions spirituelles. Ce moment fondateur a donné le ton d’un festival qui s’étendra sur neuf jours, plaçant la thématique de la renaissance — individuelle, collective, naturelle et spirituelle — au cœur de sa programmation.
Le public, venu du monde entier, a découvert une série de tableaux artistiques traduisant cette philosophie du renouveau. L’ouverture rendait hommage à la ville de Fès et à son rôle historique en tant que creuset du savoir et de la spiritualité, à travers une référence marquante à l’Université Al Quaraouiyine, la plus ancienne au monde.
Le monde arabe a été représenté par le groupe omanais "Arij", qui a captivé l’audience avec ses chants soufis, introduisant une séquence de prières à la mémoire du Prophète. Le groupe marocain "Al Chamael Al Mohamadiya", dirigé par Ismaïl Boujiya, a offert une performance de samâa empreinte de ferveur. Le chef du groupe "Arij", Omar Al Buraiki, s’est réjoui, dans une déclaration à SNRTnews, de cette troisième participation, soulignant l’importance du festival comme espace d’échange culturel et de dialogue artistique.
Les sonorités africaines ont également résonné lors de cette soirée d’ouverture, avec des prestations du rituel des tigres de Côte d’Ivoire, des Mourides du Sénégal, des tambours du Burundi, ou encore du rituel soufi "Diba" interprété par des femmes originaires de Mayotte, en hommage à la naissance du Prophète.
L’artiste malien Habib Dembélé a enrichi le spectacle par une intervention narrative en tant que "conteur", apportant une touche théâtrale à l’ensemble.
L’édition 2025 accueille l’Italie comme pays invité d’honneur. Cette présence rend hommage à la Renaissance italienne, moment charnière dans l’histoire culturelle de l’Europe, en écho au thème du festival. Elle ravive également des liens historiques, comme le jumelage entre Fès et Florence établi en 1961, et confirme la vocation de Fès en tant que carrefour spirituel et culturel entre les civilisations.
La chanteuse et mezzo-soprano Battista Acquaviva a dédié son interprétation à la Vierge Marie. Émue par l’accueil du public, elle a déclaré : "Ce fut un moment intense, où la musique et le lieu historique se sont unis dans une harmonie rare, donnant à cette expérience un caractère profondément spirituel."
Les spectateurs n’ont pas manqué d’exprimer leur enthousiasme, saluant l’ouverture comme un témoignage vivant de la capacité du festival à créer des ponts durables entre les cultures et les peuples.
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