Art & Culture
Festival des musiques sacrées de Fès: penser les "renaissances" à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle
17/05/2025 - 19:06
Khawla Znaizini | Mohammed ChafiLe Palais des Congrès et de l’Artisanat de Fès a accueilli, Le samedi 17 mai 2025, un forum intellectuel et culturel international intitulé "Les Renaissances", en marge de la 28e édition du Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde
L’événement a réuni penseurs, chercheurs et experts marocains et internationaux autour de thématiques à la croisée de la culture, du patrimoine, de la transformation numérique et de l’intelligence artificielle.
Dans une intervention consacrée à la question "Que peut apporter l’intelligence artificielle à la culture et au patrimoine ?", la ministre de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal Fallah Seghrouchni, a souligné que l’IA représente "un voyage collectif et un moyen de repenser l’humanité". Elle a insisté sur les apports concrets des technologies modernes face à des défis complexes, tels que l’archivage numérique du patrimoine et la préservation de la mémoire collective pour les générations futures. La ministre a affirmé que la numérisation ne doit pas être perçue comme opposée à l’identité, mais comme un levier pour l’enraciner et la valoriser, dans un contexte marqué par l’essor des réseaux sociaux et l’expansion des identités numériques.
Elle a également mis en avant les possibilités offertes par l’IA pour transformer le patrimoine marocain en contenu accessible et diffusable numériquement, que ce soit dans les domaines de la documentation, de la publication ou de l’éducation culturelle, contribuant ainsi au renforcement de l’identité numérique nationale.
La séance d’ouverture du forum s’est articulée autour du thème "Culture et patrimoine comme leviers des nouvelles renaissances". L’auteur et chercheur Jilali Adnani y a présenté une lecture du rôle historique de la ville de Fès dans la formation des renaissances religieuses et politiques en Afrique. Il a souligné que la ville a été, au fil des siècles, un centre de savoir et d’influence, et que redécouvrir ce rôle est essentiel pour comprendre les transformations actuelles et envisager les perspectives futures.
Dans le même esprit, l’archéologue et professeur à l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine, Youssef Boukbout, a exposé l’importance de la recherche archéologique dans la reconstruction des récits historiques nationaux. Il a déclaré que les découvertes récentes au Maroc remettent en question certains récits traditionnels et permettent une lecture plus approfondie de l’histoire des civilisations locales. Selon lui, l’archéologie ne se limite plus à la restitution du passé, mais devient un véritable outil de compréhension du présent et d’élaboration d’une vision d’avenir fondée sur la conscience historique.
M. Boukbout a également mis l’accent sur le rôle des manifestations culturelles dans la promotion et la valorisation du patrimoine matériel et immatériel, tant au niveau national qu’international. Il a estimé que le lien entre passé et présent, nourri par la recherche scientifique, peut ouvrir la voie à l’utilisation du patrimoine comme moteur de développement culturel.
Les travaux du forum se sont clôturés par une discussion ouverte entre les intervenants et le public, autour des moyens de faire du patrimoine non plus un symbole figé, mais une véritable force motrice de renaissance, en consolidant le rôle de la culture comme trait d’union entre spiritualité, savoir et innovation.
Articles en relations
Art & Culture
Art & Culture
Art & Culture
Art & Culture