Art & Culture
« FICAM » met en lumière les questions de l’enfance et de la précarité sociale à travers le film Olivia
17/05/2026 - 12:36
Khawla Znaizini | Ayoub MouhyiddineLe silence s’est installé dans la salle de théâtre de l’Institut français du Maroc à Meknès, samedi 16 mai 2026 au soir, tandis que la petite Olivia tentait, au cœur d’un monde en ruine, de convaincre son jeune frère que ce qu’ils vivaient n’était qu’un film. Quelques minutes ont suffi pour que le public du Festival international de cinéma d’animation de Meknès (FICAM) se retrouve face à une œuvre profondément humaine, mêlant peur, fragilité et espoir.
Dans le cadre de la compétition officielle des longs métrages, le film Olivia et le tremblement de terre invisible de la réalisatrice Irene Iborra Rizo a été projeté en présence de la monteuse du film et représentante de l’équipe, Julie Brenta, devant un large public composé d’habitants de la ville, d’étudiants, de réalisateurs, de producteurs et de professionnels du cinéma d’animation.
Adapté du roman jeunesse La vie est un film de l’auteure Maite Carranza, le film raconte l’histoire d’Olivia, une fillette de douze ans contrainte d’assumer les responsabilités de sa famille après leur expulsion de leur logement. La famille s’installe alors dans un modeste appartement en périphérie, tandis que la mère sombre progressivement dans la dépression, laissant la jeune fille devenir le seul soutien de son petit frère, Tim.
À travers un traitement mêlant drame et comédie, l’œuvre aborde les thèmes de la pauvreté, de la fragilité psychologique et du poids de la réalité sur les enfants, sans jamais perdre sa dimension humaine ni son langage visuel poétique. Le séisme évoqué dans le film n’est d’ailleurs pas uniquement un phénomène visible, mais aussi une secousse intérieure que seule l’héroïne semble ressentir, tentant d’y résister par l’imaginaire, le jeu et le récit.
Dans une déclaration à SNRTnews, Julie Brenta a affirmé que la réaction du public de Meknès avait réjoui toute l’équipe du film. Elle a expliqué que le choix de la technique d’animation en images fixes s’inscrivait en cohérence avec l’esprit du récit et son atmosphère humaine, grâce à l’utilisation de figurines et de miniatures réalisées avec un grand soin.
Elle a ajouté que le film porte plusieurs dimensions psychologiques et sociales, précisant que sa réalisation avait nécessité une année complète de tournage, tandis que son développement s’était étalé sur sept ans, depuis l’idée initiale jusqu’à sa sortie en salles, avec la participation d’une importante équipe technique et cinématographique.
Le film, déjà récompensé par le Prix de la Fondation Gan pour la distribution lors du Festival d’Annecy en 2025, poursuit par ailleurs sa tournée internationale afin de faire découvrir cette œuvre à des publics de différents pays, après des projections aux États-Unis et dans d’autres rendez-vous cinématographiques.
Dans la salle, l’engouement ne s’est pas limité aux professionnels et aux critiques, mais a également touché un public fidèle aux projections du FICAM à chaque édition. Parmi les spectateurs présents, Wafaa Benzina, venue assister à la projection avec ses enfants, a exprimé son admiration pour le film, soulignant qu’il s’adresse aussi bien aux enfants qu’aux adultes.
Dans une déclaration à SNRTnews, elle a estimé que le film met en lumière la pression psychologique que peuvent subir les enfants dans des contextes sociaux difficiles, une réalité que la réalisatrice a incarnée à travers ce « séisme » que seule la fillette perçoit. Elle a également relevé que l’œuvre insiste sur l’importance du rôle des associations et de la solidarité humaine dans la protection des familles vulnérables.
Selon elle, le personnage d’Olivia offre aux enfants un modèle de force et de résilience malgré la dureté des circonstances qu’elle traverse, ce qui a laissé une forte impression sur le public présent.
L’édition actuelle du FICAM met en avant plus de 60 films venus des quatre coins du monde, à travers une programmation mêlant courts et longs métrages, expériences de réalité virtuelle, ateliers et rencontres professionnelles.
Dans la catégorie des longs métrages, sept œuvres de réalisateurs issus de plusieurs pays, notamment la France, le Canada et la Belgique, sont en compétition dans une sélection qui reflète la diversité des visions et des styles du cinéma d’animation contemporain.
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