Art & Culture
FIFM: Des cinéastes enthousiastes de dévoiler leurs œuvres à Marrakech
01/12/2025 - 23:00
Khaoula Benhaddou | Mohammed ChafiLa compétition officielle du Festival International du Film de Marrakech a offert, ce lundi 1er décembre, une nouvelle plongée dans la diversité et la vitalité du cinéma mondial. Des films représentant le Maroc, la Palestine et le Tchèque ont été présentés au public. Il s’agit du film Porte-Bagage du réalisateur Abdelkarim El Fassi, Once iPhone a Time in Gaza des frères Arab et Tarzan Nasser, et Broken Voice du cinéaste tchèque Ondřej Provazník. Ces derniers ont accordé une déclaration à SNRTnews sur le tapis rouge.
Entre regards intimes, récits politiques et explorations psychologiques, cette journée a confirmé l’ambition d’un festival qui met en lumière des œuvres singulières, souvent éloignées des sentiers battus.
"Porte-Bagage" : famille, tension et humanité
Le public marocain a découvert ce lundi le film d’Abdelkarim El Fassi, qui explore la société contemporaine à travers le destin d’un jeune homme devenu malgré lui "porte-bagage" dans un réseau où s’entremêlent débrouille, survie et rapports de force.
Dans ce film de 104 min, le réalisateur raconte l’histoire de Noor, une jeune fille qui vit avec son père Musa diagnostiqué avec une forme progressive de démence. Lorsque son rêve de devenir cheffe à Paris se présente, elle doit faire face à un choix difficile. Elle craint de devoir renoncer à l’emploi de ses rêves si elle continue à s’occuper de lui. Après la mort d’un ami proche, Musa exprime son souhait de retourner au Maroc. D’abord sceptique, Noor commence à y voir une solution : aider son père à émigrer tout en poursuivant enfin son rêve d’indépendance.
Avec son écriture nerveuse et ses personnages ancrés dans une réalité reconnaissable, El Fassi propose un film à la fois accessible et socialement percutant qui met à l’honneur la famille.
Lors de son passage sur le tapis rouge, le réalisateur a exprimé sa joie de présenter ce film au festival de Marrakech et de pouvoir échanger avec un public conquis par l’énergie du casting et la finesse du propos.
"Once iPhone a Time in Gaza" : un récit lucide et poignant
Les frères Arab et Tarzan Nasser, habitués des festivals internationaux, ont posé leurs valises au festival de Marrakech avec un film au titre volontairement provocateur : Once iPhone a Time in Gaza.
Ce film qui participe à la compétition officielle raconte l’histoire ancrée dans la vie quotidienne d’une jeunesse palestinienne prise entre aspirations modernes et réalité du blocus.
Les réalisateurs racontent l’histoire de Yahya, étudiant rêveur, se lie d’amitié avec Osama, dealer charismatique au grand cœur. Ensemble, ils montent un trafic de drogue, caché dans leur modeste échoppe de falafels. Mais ils croisent le chemin d’un flic corrompu venu contrarier leur plan.
Avec leurs humours noirs, les frères Nasser réussissent un équilibre rare entre humour noir, critique sociale et sensibilité politique.
Arab Nasser n’a pas caché sa joie de participer au festival de Marrakech devant un public marocain qui a une place particulière dans les cœurs des palestiniens.
"Broken Voice" : un drame psychologique venu de République tchèque
Signé Ondřej Provazník, le film tchèque Broken Voice plonge le public dans les début des années 1990, en République tchèque, raconte l’histoire de Karolína, 13 ans, qui intègre un chœur de renommée mondiale, où elle rejoint sa sœur aînée et d’autres jeunes filles talentueuses animées par la même passion.
Sa voix ne tarde pas à attirer l’attention de Machá, l’énigmatique et adulé chef de chœur. Être ainsi remarquée semble d’abord être une victoire mais Karolína prendra peu à peu conscience du prix de ce privilège. Inspiré par l’affaire Bambini di Praga, Broken Voices explore la frontière fragile entre innocence et abus de pouvoir.
Le réalisateur tchèque, connu pour son sens du réalisme, livre un récit intense, souvent minimaliste, où chaque geste et chaque silence construisent une tension subtile.
Avec son actrice principale, Ondrej Provaznik a exprimé au micro de SNRTnews son admiration pour le festival et pour le public marocain.
Avec ces trois projections, la compétition du FIFM confirme son ouverture à des cinémas audacieux, venant d’horizons multiples mais réunis par une même volonté : raconter des histoires fortes, ancrées dans le réel et portées par des visions d’auteur.
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