Economie
Fragilisée par la pandémie, Marrakech respire de nouveau
20/06/2021 - 19:01
Imane Benichou
La place de Jemaa el-Fna à Marrakech se prépare pour retrouver un semblant de normalité et ce qu'elle espère être un été chargé de touristes.
Après l’allègement des restrictions sanitaires, la réduction des horaires du couvre-feu nocturne et l’ouverture des lieux de cultes et des espaces culturels, les frontières aériennes ont été progressivement ouvertes ce mardi 15 juin pour accueillir les premiers touristes étrangers et internes, ainsi que les Marocains du monde.
"Hola, Hola". C’est ainsi que des femmes, proposant leur service de tatouage au henné, accueillent les touristes à la place Jemaa el-Fna, montrant leurs catalogues aux intéressées. Dans cette place vidée de ses conteurs, spectateurs, danseurs et musiciens à cause des restrictions sanitaires toujours en vigueur, seuls des vendeurs et des tatoueuses au henné occupent la place.
Des touristes, majoritairement Marocains, laissant flâner leurs regards, corps et esprits, avancent lentement sous le soleil brûlant de juin, s’arrêtent devant les petits magasins d’artisanat non concernés par les travaux en cours de réhabilitation de l’ancienne Médina, et se divaguent sur des pièces d’art de maîtres-artisans.
Le secteur du tourisme, fragilisé par la pandémie, semble reprendre de la vigueur et la ville de Marrakech vit ainsi au rythme d’une reprise lente et incertaine, sous le regard détendu des touristes bronzés aux terrasses des quelques cafés ouverts à la place de Jemaa el-Fna.
"Avec la décision de l’application des billets à prix bas pour les vols, plusieurs touristes marocains et étrangers sont arrivés à Marrakech. La vie semble reprendre son cours normal après un an et demi de pandémie", a affirmé à SNRTnews Hicham, vendeur de bijoux en argent et de souvenirs à la place Jemaa el-Fna. "Mais quelque chose s’est brisée en nous", a-t-il désespérément lancé. "Nous n’avons pas d’idée sur ce qui va se produire ensuite, mais notre foi en Dieu est grande".
Après avoir vendu un sac traditionnel en cuir à une touriste marocaine, Ahmed, un artisan, a humoristiquement révélé : "Moi personnellement, je préfère les touristes marocains. Ils sont nombreux à venir à Marrakech ces derniers jours et sont surtout plus généreux que les étrangers. Ils ne sont pas perturbés par les faux guides et ont confiance dans le vendeur".
Ahmed a ensuite pris un air sérieux avant de rétorquer, "nous avons passé une période très difficile. Cela restera une histoire à raconter à nos petits-enfants", laissant croire dans l’espoir d'un temps clément à l'horizon.
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