Société
Hammams : les professionnels veulent réouvrir
09/02/2021 - 15:49
Meryem Ait Ouaanna
Après l'annonce de l'octroi d'une indemnité aux employés des hammams traditionnels, les professionnels du secteur espèrent accélérer les négociations avec le gouvernement pour sortir de l'impasse.
Depuis le confinement en mars dernier, le secteur des «hammams traditionnels» ou bains maures agonise. Fermés depuis des mois sur décision gouvernementale prise dans le cadre des restrictions sanitaires, ces centres de bien-être ne sont pas encore autorisés à réouvrir. Le hic, c'est que plus de 140.000 employés se sont retrouvés sans revenus, ni indemnités. Ils attendaient des mois et des mois, une annonce, une promesse ou simplement un geste.
Finalement, c'est le ministre d’État chargé des droits de l’Homme et des relations avec le parlement, Mustapha Ramid, qui leur offre une lueur d'espoir. Ces employés qui ne bénéficient d'aucune couverture sociale auront bientôt droit à une indemnité pour perte d’emploi. «Ces employés seront recensés en vue de les indemniser, vu les dommages subis par cette catégorie à cause de la fermeture de leur lieu de travail», a révélé le ministre.
«C’est un véritable soulagement pour le secteur. Nous attendions ce moment depuis longtemps. Le gouvernement a enfin répondu favorablement à une partie des revendications de la fédération», se réjouit Rabie Ouaacha, président de la Fédération nationale des associations de propriétaires et gérants des hammams traditionnels et douches publiques au Maroc dans une déclaration à SNRTnews. Si les professionnels de ce secteur y voient déjà un signe encourageant, ils espèrent que ce ne soit qu'une première étape car le chemin de la délivrance s'annonce compliqué. «Les discussions se poursuivent pour parvenir à trouver des solutions concrètes à cette crise qui a violemment frappé le secteur des hammams traditionnels», précise Rabie Ouaacha.
Au parlement, le ministre Ramid est revenu sur la raison de la fermeture de ces centres. «La fermeture des hammams notamment dans les zones confrontées à un nombre élevé de contaminations par le coronavirus, est due au fait qu’ils sont des espaces propices à la propagation du virus», a-t-il martelé. Or, cette explication, dite et redite, ne semble pas convaincre les professionnels du secteur qui assurent pouvoir prendre et assurer les mesures sanitaires nécessaires à la réouverture.
«Le gouvernement considère les hammams traditionnels comme étant des espaces propices à la propagation du virus. Jusqu'à ce jour, rien ne prouve que les hammams favorisent la prolifération du coronavirus», riposte Rabie Ouaacha. «Sur 82 préfectures, 15 seulement interdisent la réouverture des hammams traditionnels. Ces hammams autorisés à ouvrir fonctionnent tout en respectant le protocole et mesures sanitaires. Jusqu'à présent, aucune contamination à la Covid-19 n’a été répertoriée», argumente le président de la Fédération nationale des associations de propriétaires.
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