Société
Hantavirus: transmission, symptômes et prévention... Ce qu'il faut savoir
14/05/2026 - 00:01
Malak Zougagh
Encore peu connu du grand public, le Hantavirus alimente ces derniers jours de nombreuses interrogations au Maroc. Transmis principalement par des rongeurs porteurs de différentes souches virales, ce virus intrigue autant qu’il inquiète. Modes de transmission, symptômes, risques pour la santé humaine, traitements disponibles ou encore gestes de prévention : voici ce qu’il faut savoir pour mieux comprendre ce virus et les moyens de s’en prémunir.
L’épidémiologiste et spécialiste en maladies infectieuses, professeur Jaafar Heikel a indiqué que le virus se transmet à l’être humain à travers les excréments, les déjections, la salive ou encore les urines de rongeurs contaminés. Ces éléments peuvent rester sur des surfaces inertes pendant plusieurs jours et, dans certaines situations, pendant plusieurs semaines.
Il explique également qu’il existe une autre souche du virus, appelée “souche des Andes”, principalement présente en Amérique. Cette souche se distingue par sa capacité à se transmettre d’un être humain à un autre, par voie interhumaine et aérienne.
Le professeur Jaafar Heikel souligne, dans une déclaration à SNRTnews, que cette forme de transmission représente la situation la plus préoccupante, puisqu’elle pourrait être, à l’origine d’une diffusion massive du hantavirus et provoquer, à court ou moyen terme, une pandémie. Il précise toutefois que ces situations demeurent rares et qu’elles ne sont pas les plus observées actuellement.
Concernant la prise en charge médicale, le professeur indique qu’il n’existe, à ce jour, ni traitement curatif ni vaccin contre le hantavirus. Les soins administrés reposent essentiellement sur le traitement des symptômes et des complications liées à l’infection.
Les cas graves sont pris en charge en réanimation ou en soins intensifs, tandis que les complications rénales nécessitent l’intervention de spécialistes en néphrologie. Le traitement varie donc selon les symptômes présentés par les patients.
Jaafar Heikel rappelle également que pour contracter le virus, il faut être en contact avec des rongeurs porteurs de la souche concernée. Il cite d’ailleurs d’autres maladies transmises par les rongeurs, notamment la leptospirose, déjà connue au Maroc et propagée par les déjections des rats. Selon lui, cette maladie peut être observée notamment dans les ports ou chez les éboueurs.
Face à ces risques, il insiste sur l’importance des mesures de prévention, notamment la dératisation. Il recommande aussi le port du masque de protection, la distanciation physique et le lavage des mains en présence de personnes malades, rappelant que ces mesures préventives restent essentielles.
Sur le plan clinique, les symptômes peuvent varier selon la souche du virus. Le professeur évoque notamment la fièvre, des problèmes rénaux, cardiaques ou respiratoires, ainsi que des courbatures. Il précise que les manifestations diffèrent selon le type de hantavirus en cause.
Il ajoute que le virus ne peut être présent que lorsqu’il existe un réservoir de rongeurs porteurs de la maladie. Concernant la souche des Andes, il explique que la transmission interhumaine nécessite également une charge virale importante ainsi qu’un contact étroit entre les personnes pour permettre une diffusion du virus.
Le professeur Jaafar Heikel indique par ailleurs qu’il existe plusieurs variants du hantavirus, comparables aux différentes souches observées lors de la pandémie de Covid-19. Selon lui, les souches présentes en Amérique latine diffèrent totalement de celles observées en Europe ou en Asie.
Il explique que les recherches autour des vaccins doivent tenir compte des spécificités des différentes souches ainsi que des régions géographiques concernées. Les préparations vaccinales devraient donc être adaptées aux populations et aux types de virus présents dans chaque zone.
En France, plusieurs pistes scientifiques sont actuellement étudiées autour du hantavirus. D’après les informations rapportées par "Le Parisien", les chercheurs visent à identifier les priorités de recherche, notamment sur les questions de transmission du virus, le développement de traitements et la mise au point éventuelle de vaccins.
Hervé Raoul, directeur de recherche à l’Inserm et directeur adjoint de l’ANRS, a expliqué au quotidien français qu’un état des lieux a été établi afin de déterminer les axes sur lesquels les travaux devront se concentrer. Il précise également que certaines solutions pourraient être explorées à partir de médicaments déjà existants, éventuellement combinés entre eux.
La même source ajoute que des antiviraux devraient être testés prochainement. Le Parisien rappelle que la ribavirine avait déjà été expérimentée par le passé contre les infections au hantavirus, sans résultats concluants. Des anticorps figurent également parmi les pistes envisagées.
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