Société
Indice de réparabilité des appareils électroménagers : un levier pour la durabilité et la protection des consommateurs
26/03/2025 - 16:41
Meriem Khaer
Au Maroc, la durée de vie des appareils électroménagers varie selon plusieurs facteurs, notamment la marque, l’entretien et l’usage, de nombreux consommateurs réparent leurs équipements bien avant la fin de leur cycle de vie, souvent à cause de pannes.
Au Maroc, la réparabilité des appareils électroménagers varient selon la marque, la qualité des composants et l’entretien. Bien que de nombreux appareils soient techniquement réparables, des obstacles tels que la disponibilité des pièces détachées compliquent cette option.
Il est donc nécessaire d’instaurer un indice de réparabilité pour les appareils électroménagers à fin d’encourager la durabilité et la réduction des déchets. Cet indice permettrait aux consommateurs de faire des choix éclairés, en privilégiant des produits facilement réparables. Cela prolongerait leur durée de vie, réduirait l’impact environnemental et inciterait les fabricants à concevoir des appareils plus robustes et réparables.
Dans une déclaration à SNRTnews, Bouazza Kherrati, président de la Fédération marocaine des droits des consommateurs, indique que l’indice de réparabilité est un label pour informer le consommateur que l'article acheté est réparable et que les pièces détachées sont disponibles sur le marché avec l'assurance des compétences des réparateurs.
Selon Bouazza Kherrati, avec un outil d'évaluation pour les appareils électroménagers, à savoir l'indice de réparabilité, le consommateur pourrait exercer son droit au choix, en achetant ce qui convient à son pouvoir d'achat et l'objectif de cette acquisition.
"C'est l’une des raisons principales qui nous a poussé en 2023 de saisir le ministère de l'industrie et du commerce pour que le Maroc se dote de cet indice, pour légiférer sur ce type d’outil, qui est non seulement bénéfique pour le consommateur, mais aussi pour la communauté dans son ensemble", poursuit il.
Le président de la Fédération marocaine des droits des consommateurs explique que cet indice permet de préserver l’environnement en réduisant les déchets électroménagers, tout en générant des emplois et en garantissant la satisfaction des consommateurs. L’indice de réparabilité devrait être fixé à 1, sans possibilité de dégressivité, afin d’assurer que les objectifs restent clairs et non biaisés, il explique que le label devrait être accordé uniquement aux entreprises qui respectent les exigences définies dans un cahier de charge.
Bouazza Kherrati déclare que, malgré l’envoi de notre courrier au ministère de l’Industrie et du Commerce, qui n’a eu aucune suite, les appareils continuent d’être commercialisés sans tenir compte de l’importance de cet indice. "Cette situation met en évidence un manque de contrôle et de régulation dans ce domaine", affirme-t-il.
Quant à l’obsolescence programmée, elle repose sur la fabrication d’appareils dont la durée de vie est délibérément réduite, rendant leur réparation impossible. Ainsi, le consommateur, souvent ignorant de ce mécanisme, va acquérir un nouvel appareil à cause de la défaillance prématurée du précédent. Il est ainsi victime d’une tromperie, car il ne dispose pas de l’information nécessaire pour faire un choix éclairé.
Le président de la Fédération marocaine des droits des consommateurs insiste sur l’obsolescence programmée qui demeure une réalité quotidienne à laquelle les consommateurs sont confrontés, il souligne qu’il est crucial de sensibiliser le public afin qu’il puisse faire des choix informés et libres.
En favorisant la réparabilité, on limite non seulement la consommation excessive de ressources naturelles, mais on lutte aussi contre l’obsolescence programmée. "Cette approche encourage les fabricants à concevoir des produits plus durables et réparables, contribuant ainsi à une économie circulaire et responsable", poursuit-il.
Pour garantir l’efficacité de cette démarche, il est nécessaire d'assurer la disponibilité des pièces d’origine et que le réparateur possède les compétences requises, le consommateur pourrait exiger une garantie sur ses pièces. Une formation diplômante permettrait d’assurer le professionnalisme des réparateurs. De plus, ces derniers doivent fournir un certificat de réparation à la demande du consommateur, attestant de la qualité et de la conformité de l’intervention.
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