Société
Inondations du Gharb: SNRTnews aux côtés d’une unité militaire dans une opération d’évacuation complexe
08/02/2026 - 12:02
Youness Oubaali | Hamza BAMMOUAu douar Tihli, relevant du caïdat d’Ouled Hcine dans la province de Sidi Slimane, les routes ne mènent plus à leurs destinations habituelles.
Elles s’interrompent désormais devant des flots impétueux et de vastes étendues d’eau, conséquence de pluies torrentielles qui ont transformé l’espace rural en îlots isolés, encerclant des dizaines de douars dans une scène exceptionnelle.
À un carrefour reliant quatre axes principaux vers Mechraâ Bel Ksiri, Sidi Slimane, Sidi Kacem et Houafates, la circulation est totalement à l’arrêt. Le site s’est mué en centre d’opérations de terrain, où se sont regroupés les moyens des Forces Armées Royales, aux côtés des éléments de la Gendarmerie royale, de la Protection civile, des Forces auxiliaires et des autorités locales, dans une coordination étroite en préparation des opérations d’évacuation et d’assistance aux populations.
Un déplacement à haut risque
L’équipe de SNRTnews a accompagné l’une des unités du génie militaire à bord d’un camion des Forces Armées Royales, tractant des embarcations destinées aux interventions.
Le passage par le camion était indispensable pour franchir des tronçons de route totalement submergés en direction de Houafates. Malgré la robustesse du véhicule, la force des eaux le faisait parfois tanguer, illustrant l’ampleur de la menace et la difficulté de la mission.
Sur l’autre rive, la mobilisation était tout aussi intense: embarcations prêtes à intervenir, camions, tracteurs, ambulances et personnels formés à ce type d’opérations délicates, où la moindre erreur peut coûter des vies.
L’une des embarcations des Forces Armées Royales a été préparée avant de s’élancer à travers les flots sur une distance d’environ sept kilomètres, pour un trajet ayant duré près de trente minutes.
Le canot manœuvrait avec prudence pour éviter les courants violents, ainsi que les arbres et troncs emportés par les eaux, progressant avec détermination vers le point où attendaient des dizaines de citoyens contraints de quitter leurs habitations.
La vie avant tout
À perte de vue, les eaux semblaient sans fin. À chaque croisement avec d’autres embarcations, apparaissaient des citoyens transportant quelques effets personnels ou le peu de biens qu’ils avaient pu sauver. En arrière-plan, d’autres canots arrivaient successivement pour évacuer enfants, personnes âgées, femmes et jeunes, qui attendaient leur tour dans le silence et l’appréhension.
Au point d’embarquement, les citoyens étaient encadrés et protégés par les éléments des Forces Armées Royales, des Forces auxiliaires, de la Protection civile et des autorités locales, qui ont sécurisé l’opération avec rigueur, depuis la montée à bord jusqu’au retour en toute sécurité vers le point de départ.
Un soutien à tous les niveaux
À bord des embarcations de retour, le trajet ne se résumait pas à un simple déplacement d’une rive à l’autre, mais constituait un moment chargé d’émotion. Des enfants aux visages pâles, choqués par l’ampleur de ce qu’ils avaient vécu, s’agrippaient à leurs parents qui tentaient de les rassurer et d’atténuer leur peur.
Certains connaissaient déjà leur destination vers les centres d’hébergement, tandis que d’autres choisissaient de rejoindre des proches, en attendant la décrue et le retour à une vie normale pour regagner ensuite leurs terres.
Dans ce contexte, le rôle humain des équipes d’intervention s’est clairement distingué. Leur mission ne s’est pas limitée au sauvetage, mais a également englobé un soutien psychologique et moral notable, à travers une présence rassurante, des paroles de réconfort et une attention constante à la sécurité de tous.
Ce fut un départ imposé par la colère de la nature, mais aussi un moment empreint de fierté face aux efforts déployés par les autorités pour protéger les citoyens dans une épreuve difficile.
La nature les a contraints à partir, mais le choix de la survie a prévalu sur tout attachement à la terre et à l’agriculture. En ces instants, une seule conviction s’imposait: la vie humaine avant tout, quels que soient les sacrifices.
Au retour, l’embarcation accoste près de la route inondée, où attendent les camions des Forces Armées Royales, ainsi que les ambulances de la Protection civile, chargées de transporter les personnes évacuées soit vers les centres d’hébergement, soit vers les structures de santé, selon les situations.
Les premiers examens à l'arrivée
L’intervention ne s’arrête pas au moment de l’évacuation. Dès l’arrivée des citoyens dans les points de regroupement sécurisés, les équipes médicales de la Protection civile procèdent aux premiers examens, notamment pour les enfants, les personnes âgées et les femmes, tandis que les autorités locales veillent à l’enregistrement des données et à l’orientation vers les centres d’accueil.
En arrière-plan, l’activité des engins ne cesse jamais: des embarcations repartent, des camions s’enfoncent de nouveau dans les zones submergées, dans une course permanente contre la montre. L’opération est menée avec précision et une coordination élevée, démontrant que l’efficacité d’une intervention ne se mesure pas uniquement à la rapidité du sauvetage, mais aussi à sa continuité jusqu’à la mise en sécurité de la dernière famille menacée.
Dans les villes de Sidi Slimane et Sidi Kacem, des centres d’hébergement et des espaces d’accueil ont été aménagés, tandis que des centaines de tentes ont été dressées entre Kénitra et Sidi Yahya du Gharb, dans le cadre d’une mobilisation globale toujours en cours pour faire face aux conséquences des inondations du Gharb et garantir la sécurité des sinistrés, lors de l’une des opérations de terrain les plus complexes qu’ait connues la région ces dernières années.
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