Société
Sur Hautes Instructions Royales… efforts soutenus et mobilisation exceptionnelle pour secourir les victimes des inondations
06/02/2026 - 20:49
Ouiam Faraj
Plusieurs villes du Nord, parmi lesquelles la ville de Ksar El Kébir, connaissent une situation de terrain exceptionnelle en raison de fortes perturbations météorologiques accompagnées d’inondations et de crues.
Cette situation a nécessité une mobilisation globale de l’ensemble des services et autorités, en exécution des Hautes Instructions Royales, afin d’assurer une intervention rapide et de limiter les répercussions des inondations sur les populations et les infrastructures.
Des efforts de terrain intensifs se poursuivent jour et nuit pour protéger les citoyens affectés par la montée du niveau des eaux de Oued Loukkos, qui a submergé plusieurs quartiers de la ville de Ksar El Kébir. Ces opérations sont menées par les autorités publiques, avec l’appui des services de la protection civile, des Forces Armées Royales, de la Gendarmerie Royale et des autorités territoriales, ainsi que la mobilisation d’importants moyens logistiques.
Interventions de terrain en application des Instructions Royales
Ces interventions comprennent de vastes opérations d’évacuation des familles menacées, la sécurisation de centres d’hébergement équipés, la fourniture d’un soutien alimentaire et médical, ainsi que le suivi du niveau des oueds et des barrages et la mise en œuvre d’actions préventives pour éviter l’aggravation des dégâts, dans une démarche plaçant la protection des vies humaines et la réduction des pertes au cœur des priorités.
Ces interventions s’inscrivent dans le cadre de l’exécution des Hautes Instructions Royales de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, appelant à l’intervention immédiate des Forces Armées Royales et au déploiement d’importants moyens humains et logistiques pour soutenir et assister les populations des zones sinistrées. Elles traduisent concrètement la sollicitude particulière que Sa Majesté accorde à la protection des vies des citoyens, à la préservation de leur sécurité et à la garantie de leur sûreté face aux répercussions de conditions climatiques exceptionnelles.
Sa Majesté avait déjà insisté, lors de la supervision du lancement des travaux de création de la plateforme de réserves de première nécessité de la région Rabat-Salé-Kénitra, sur l’importance pour chaque région du Royaume de disposer d’une grande plateforme de réserves de première nécessité (tentes, couvertures, lits, médicaments et denrées alimentaires…), afin de faire face de manière immédiate aux catastrophes (inondations, séismes et risques chimiques, industriels ou radiologiques).
Une expérience dans la gestion des catastrophes
Dans ce contexte, le professeur universitaire à la Faculté des sciences juridiques de l’Université Cadi Ayyad de Marrakech et directeur du Laboratoire d'Etudes Internationales et Constitutionnelles, d'Analyse des Crises et des Politiques, Driss Lagrini, a affirmé que le Maroc, de par sa situation géographique et sa configuration topographique, demeure exposé à diverses catastrophes naturelles, telles que les séismes, les inondations, la désertification, et la sécheresse, soulignant que les données historiques confirment que le Royaume cohabite avec ces phénomènes depuis longtemps.
Lagrini a expliqué, dans une déclaration à SNRTnews, que le Royaume a œuvré, au cours des dernières décennies, à la mise en place de plans, à l’adoption de législations et à la création d’institutions et d’organismes spécialisés dans la gestion des catastrophes, dans le cadre d’une approche fondée sur la concertation, la coordination et l’anticipation.
Il a ajouté que la succession des années de sécheresse au cours de la dernière décennie, et la baisse qu’elles ont entraînée du niveau des ressources hydriques et des réserves des bassins, ont poussé les décideurs à adopter des mesures structurelles, parmi lesquelles la promulgation de la loi sur l’eau, le lancement de projets de dessalement de l’eau de mer, la mise en œuvre de l’autoroute de l’eau, en plus de campagnes de sensibilisation en faveur de la rationalisation de la consommation.
Lagrini a indiqué que les récentes pluies, malgré leur impact positif sur le relèvement du niveau des barrages et la relance du secteur agricole, ont provoqué des inondations et des crues ayant touché plusieurs régions, notamment le Nord du Royaume et la ville de Ksar El Kébir. “Toutefois, le Maroc a mis en place, ces dernières années, des mesures et des plans stratégiques qui ont permis de faire face avec un haut degré d’anticipation à ce type de situations”, a-t-il précisé.
Efficacité des interventions
Le professeur universitaire a relevé que l’ampleur de la mobilisation observée sur le terrain reflète le niveau de préparation, soulignant que plus de 154.000 personnes ont été évacuées dans des délais records, tout en veillant à garantir des conditions préservant la dignité des sinistrés, tant en matière de transport, d’hébergement que d’alimentation, dans le cadre de la mise en œuvre des Hautes Instructions Royales visant à protéger les citoyens et à éviter toute perte de contrôle de la situation, notamment en ce qui concerne le sauvetage des vies humaines.
Il a également estimé que les expériences accumulées par le Maroc ces dernières années, que ce soit dans la gestion de la pandémie de Covid-19 ou dans la réponse au séisme d’Al Haouz, ont contribué à renforcer l’expertise institutionnelle et à améliorer l’efficacité de l’intervention face aux crises, notant que “le Royaume a réussi, jusqu’à présent, à gérer cette phase, dans l’attente d’une amélioration des conditions météorologiques”.
Renforcement de la préparation et de la résilience
Dans la perspective de réduire les risques d’inondations à l’avenir, Lagrini a insisté sur l’importance d’accélérer la réalisation du projet de l’autoroute de l’eau, qui permettra de garantir la disponibilité de l’eau potable, “comme l’a souligné Sa Majesté le Roi Mohammed VI dans Son Discours Royal à l’occasion du 25ᵉ anniversaire de la glorieuse Fête du Trône, en mettant l’accent sur la nécessité d’adopter une gestion anticipative et durable des ressources hydriques, face à l’aggravation du stress hydrique et aux changements climatiques”.
Selon Lagrini, cela passera par le transfert des excédents des barrages vers les régions déficitaires, notamment dans le centre et le sud du pays, ainsi que par le rôle du projet de l’autoroute de l’eau dans la dérivation des cours des oueds et des rivières, ce qui contribuerait à réduire l’intensité des inondations, en particulier dans les zones urbaines.
Il a conclu en soulignant que la gestion des catastrophes au Maroc a connu une évolution notable en matière de renforcement de la préparation et de la résilience, tout en appelant à développer les systèmes de surveillance, d’alerte précoce et de télédétection, à élargir le recours aux technologies modernes et à l’intelligence artificielle dans la prévision, ainsi qu’à ancrer une conscience sociétale préventive et à adopter des politiques d’urbanisme plus strictes garantissant l’interdiction de construire dans les zones menacées par les inondations.
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