Société
Internes et résidents en médecine : ce que prévoit le nouveau décret au Maroc
08/05/2026 - 17:01
Malak Zougagh
Le nouveau décret encadrant la situation des étudiants en médecine, pharmacie et médecine dentaire au Maroc apporte plusieurs précisions concernant le statut des internes et des résidents, leurs conditions d’accès, leur parcours de formation ainsi que les engagements qui leur sont imposés après l’obtention du diplôme.
Le texte met notamment l’accent sur la continuité du parcours de spécialisation. Les médecins, pharmaciens ou dentistes résidents admis dans un cycle de spécialité doivent désormais poursuivre leur formation dans la spécialité choisie jusqu’à l’obtention du diplôme correspondant.
À travers cette mesure, les autorités cherchent à limiter les abandons ou les changements de spécialité après le début de la formation, en encadrant davantage le parcours des étudiants engagés dans les filières hospitalières.
Avant même la publication de ce décret, une réforme relative aux indemnités des étudiants en médecine, pharmacie et médecine dentaire avait déjà été adoptée et publiée au Bulletin officiel.
Cette réforme revalorise les montants des indemnités mensuelles accordées aux étudiants en formation hospitalière. Les étudiants externes en médecine, pharmacie et médecine dentaire perçoivent désormais 1.200 dirhams par mois durant certaines années de formation, tandis que les étudiants de sixième année bénéficient d’une indemnité de 2.400 dirhams mensuels.
Les internes en médecine, pharmacie et médecine dentaire voient, eux aussi, leurs indemnités fixées à 5.000 dirhams par mois. Le même montant est prévu pour les résidents non fonctionnaires durant toute leur période de formation.
Par ailleurs, une autre mesure entrée en vigueur à partir du 1er janvier 2025 fixe à 2.100 dirhams l’indemnité mensuelle attribuée aux étudiants internes dans les établissements hospitaliers publics.
Ces nouvelles dispositions s’inscrivent dans le cadre de la réorganisation des formations médicales hospitalières et du futur déploiement des groupements sanitaires territoriaux.
Trois ans obligatoires dans le secteur public
Le décret introduit également une nouvelle obligation contractuelle pour les résidents après l’obtention du diplôme de spécialité. Ceux-ci devront désormais exercer pendant trois ans dans des établissements publics de santé relevant du ministère de la Santé, des structures placées sous sa tutelle ou des établissements publics concernés.
Cette durée remplace l’ancien dispositif qui prévoyait un engagement pouvant atteindre huit années dans les structures dépendant du ministère de la Santé. Une autre option permettait également à certains étudiants d’exercer comme bénévoles, sans engagement contractuel.
La mesure concerne aussi les lauréats intégrant les facultés de médecine, de pharmacie ou de médecine dentaire en tant qu’enseignants-chercheurs.
Le texte prévoit également des sanctions financières en cas de non-respect des engagements pris par les résidents.
Ainsi, tout abandon ou non-respect des obligations contractuelles peut entraîner le remboursement de l’ensemble des rémunérations, indemnités et bourses perçues durant la période de formation et d’exercice.
Cette disposition vise notamment à limiter les départs après spécialisation vers le secteur privé ou l’étranger.
Avec ces nouvelles règles et la revalorisation des indemnités accordées aux étudiants en médecine, les internes et résidents se retrouvent davantage engagés dans la poursuite de leur spécialité, y compris lorsque les premières expériences de terrain révèlent parfois un décalage avec leurs attentes professionnelles ou leurs aptitudes personnelles.
À travers cette réforme, les autorités cherchent à restructurer le cadre des formations médicales hospitalières, dans un contexte marqué par les besoins croissants du système de santé en ressources humaines spécialisées, notamment dans les régions où l’accès aux soins demeure limité.
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