Société
Journée mondiale de la tuberculose: lumière sur les formes extra-pulmonaires
24/03/2026 - 15:17
Meriem Khaer
Chaque 24 mars, le monde célèbre la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose afin de sensibiliser le grand public aux conséquences sanitaires, sociales et économiques de cette maladie.
Le 24 mars 1882, Dr. Robert Koch a révélé la découverte du bacille à l’origine de la tuberculose, marquant une avancée majeure dans le diagnostic et le traitement de cette maladie.
Le ministère de la Santé et de la Protection Sociale célèbre la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose, organisée cette année sous le thème: "La tuberculose ne touche pas que les poumons: pensons aussi aux formes extra-pulmonaires".
L’édition 2026 met l’accent sur les formes extra-pulmonaires, encore insuffisamment connues et souvent difficiles à diagnostiquer, malgré leur importance notable dans la situation épidémiologique nationale.
Dans une déclaration à SNRTnews, Dr. Driss Daoudi, Chef du Service des Maladies Respiratoires à la Direction de l'épidémiologie et de lutte contre les maladies affirme que la tuberculose est une maladie infectieuse, le plus souvent contagieuse, qui touche principalement les poumons. Sa forme pulmonaire est la plus fréquente et constitue également la principale source de transmission.
Les symptômes de la tuberculose pulmonaire se manifestent généralement par une toux persistante de plus de deux semaines, qui ne répond pas aux traitements classiques.
À cela s’ajoutent une perte d’appétit, un amaigrissement, une fatigue importante ainsi que des sueurs nocturnes. Dans les cas les plus avancés, la maladie peut entraîner des hémoptysies, c’est-à-dire des crachats de sang, signe d’une aggravation de l’infection.
La transmission de la maladie se fait par voie respiratoire. Lorsqu’une personne atteinte de tuberculose pulmonaire tousse, elle projette dans l’air des gouttelettes contenant le bacille responsable de la maladie. Ces particules peuvent rester en suspension, en particulier dans des espaces fermés, mal ventilés et peu exposés à la lumière. Une exposition prolongée ou répétée à ces conditions augmente le risque de contamination des personnes en contact, qui peuvent alors inhaler ces gouttelettes infectées.
Dr. Daoudi souligne que face à cette situation, le dépistage précoce, le respect du traitement et la sensibilisation de la population restent essentiels pour limiter la propagation de la maladie et améliorer la prise en charge des patients.
Selon les données épidémiologiques nationales fournies par le ministère de la Santé et de la Protection Sociale, 53%des nouveaux cas de tuberculose enregistrés au Maroc en 2025 concernent des formes extra-pulmonaires. Cette réalité appelle à un renforcement des actions de sensibilisation sanitaire ainsi qu’à une vigilance clinique accrue de la part des professionnels de santé, afin d’améliorer le diagnostic précoce et d’assurer une prise en charge adaptée de ces cas.
Dans ce cadre, Dr. Daoudi explique que la tuberculose touche principalement les poumons, mais que le bacille peut également se propager à d’autres parties du corps. On parle alors de formes extra-pulmonaires, qui ne sont généralement pas contagieuses. "Ces formes peuvent affecter plusieurs organes, notamment les ganglions lymphatiques, l’appareil digestif, les plèvres, les os ou encore l’appareil génital", poursuit-il.
Le spécialiste souligne également que la tuberculose est une maladie multifactorielle, fortement influencée par des déterminants socio-économiques. La promiscuité, l’habitat insalubre ou encore des conditions de travail précaires favorisent sa propagation. À l’inverse, l’amélioration du niveau de vie, de l’éducation et des conditions sanitaires constitue un levier essentiel pour lutter contre la maladie.
Dr. Daoudi insiste sur l’importance de la sensibilisation. Il appelle les personnes présentant des symptômes à consulter rapidement, afin de permettre un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée.
Il rappelle également la nécessité de respecter scrupuleusement la durée du traitement pour garantir la guérison et limiter la transmission de la maladie.
Le ministère de la Santé et de la Protection Sociale réaffirme que la lutte contre la tuberculose demeure une priorité de santé publique, inscrite dans le cadre de la mise en œuvre du Plan Stratégique National de Prévention et de Contrôle de la Tuberculose au Maroc 2024-2030.
Ce plan vise à réduire le taux de mortalité de 60% et l’incidence de la maladie de 35% à l’horizon 2030.
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